Vélo : à Evreux, les cycles d’exception de Nicolas Robert

La réputation de l’Atelier de Nico, spécialisé dans le cycle vintage et de collection, a dépassé les frontières du département de l’Eure.

 Dans son atelier/entrepôt Nicolas Robert récupère des dizaines de vélo « vintage » qui revend par lots ou à l’unité pour les modèles les plus rares.
Dans son atelier/entrepôt Nicolas Robert récupère des dizaines de vélo « vintage » qui revend par lots ou à l’unité pour les modèles les plus rares. LP/Laurent Derouet

Nicolas Robert est tombé dans le vélo presque hasard. « J'étais dans le recyclage pendant des années et je voyais partir des centaines, des milliers de cycles à la ferraille. Alors j'ai commencé à m'y intéresser. C'est un peu parti de là », raconte celui qui depuis a ouvert L'Atelier de Nico à Evreux (Eure). Aujourd'hui, il a l'œil de l'expert pour séparer le bon grain de l'ivraie et repérer la pièce unique derrière sa couche de poussière. « Je fais un peu de tout, mais je suis connu pour mes vélos vintage, des années 1960 à 1990, ou plus anciens qui remontent à l'avant-guerre, voire au début du XXe siècle. Et puis il y a quelques pièces d'exception que je fais restaurer par des copains qui s'y connaissent bien mieux que moi ».

Sans surprise, la fin du confinement a fait exploser la demande, notamment dans les boutiques parisiennes que ce chineur invétéré approvisionne à flux tendu. « Je les revends par lots pour quelques dizaines d'euros. Et eux les remettent en état, leur donnent un coup de peinture tendance et les revendent à l'unité plusieurs centaines d'euros », assure le professionnel qui pour autant n'envie pas cette dimension marchande de son activité. « Ce que j'aime, ce sont les rencontres, les histoires que me racontent les anciens coureurs, les collectionneurs… J'en apprends tous les jours et ensuite je partage mon savoir ».

A la tête d'une belle collection de pièces rares

Lui, ce qu'il préfère, ce sont les vélos rares, les deux-roues de légende conçus par des artisans comme René Herse, Jo Routens ou Nicolas Barra. Des pièces qui peuvent se négocier à plusieurs milliers d'euros. Le nordiste Bernard Preuss, dont il possède une création, est aussi parmi ses favoris.

Et il y a aussi les « courses » préparés par des mécaniciens hors pair à l'image de Daniel Salmon ou Bernard Carré, connu pour avoir travaillé sur les vélos de Jacques Anquetil. « J'aime quand le vélo a une histoire. Là je viens de récupérer un cadre Gitane en parfait état, préparé par Carré. C'est le même qu'avait Hinault lorsqu'il est devenu champion du monde en 1980. J'ai aussi retrouvé des pièces d'origine et je compte bien le remonter même si ça va prendre plusieurs mois ».

Petit à petit, le vendeur est devenu collectionneur et possède un joli panel d'une douzaine de pièces rares. « Lorsque j'en vends un, c'est pour en acheter un encore plus exceptionnel », sourit celui qui réalise à l'occasion des ventes à l'étranger, là où la réputation des cycles français n'est plus à faire.