Variants en Île-de-France : les derniers résultats «ne sont pas bons»

Rémi Salomon, président de la commission médicale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), évoque un chiffre de « 15/20 % » de variants parmi les cas recensés en région francilienne la semaine dernière.

 Un soignant lors d’une opération de dépistage massif, à Saint-Denis, le 21 janvier 2021.
Un soignant lors d’une opération de dépistage massif, à Saint-Denis, le 21 janvier 2021. AFP/Thomas Samson

De quoi remettre prochainement en cause la décision du gouvernement de ne pas confiner le pays? Les derniers résultats sur la présence des variants du SARS-CoV-2 en circulation « ne sont pas bons » en Île-de-France, a averti Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). « On était plutôt aux alentours de 6 % le 7 janvier et on est monté à 15/20 % la semaine dernière », a-t-il détaillé ce mardi matin sur Franceinfo.

Les derniers chiffres officiels datent de la première enquête Flash, réalisée les 6 et 7 janvier. 6,9 % des cas recensés en Île-de-France étaient alors dus au variant dit « anglais », celui majoritairement recensé en France, d'après le dernier rapport hebdomadaire de Santé publique France. Une nouvelle étude a démarré mercredi dernier et ses résultats « seront disponibles d'ici 15 jours », a indiqué l'agence sanitaire.

Bientôt des déprogrammations à l'AP-HP ?

Sans attendre, des estimations plus récentes avaient été communiquées. Le 26 janvier, l'AP-HP avait par exemple indiqué que 10 % des cas dépistés entre le 11 et le 21 janvier dans la région étaient dus au variant anglais. Ce chiffre, ainsi que celui de 14 % la semaine dernière (du 25 au 31 janvier) avancé par Rémi Salomon, restent cependant légèrement inférieurs à ceux que l'on aurait obtenus avec une hausse de 50 % par semaine, avancée par Olivier Véran dans le JDD dimanche.

Cela étant, comme ce variant anglais est « 40 à 70 % plus contagieux, il va y avoir une accélération de l'épidémie si on ne fait significativement rien de plus », a alerté Rémi Salomon. Constatant une « montée constante » des hospitalisations, le médecin a indiqué que l'AP-HP « commençait à envisager des déprogrammations » de soin pour des patients non atteints du Covid1-9.

D'après les derniers chiffres de Santé publique France, 300 patients sont admis à l'hôpital chaque jour en moyenne en Île-de-France. Ce nombre était inférieur à 200 début janvier et il augmente en continu depuis. « On est dans une situation extrêmement compliquée, les équipes sont au bout du rouleau », a conclu Rémi Salomon.