Variant anglais en France : tout a commencé à Noël…

Depuis fin décembre et la confirmation du tout premier cas détecté à Tours sur un patient de retour de Londres, une course contre la montre s’est engagée pour ne serait-ce que tracer cet inquiétant mutant.

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 Le 25 décembre, l’analyse du prélèvement du « patient de Tours » indique pour la première fois la présence du variant britannique en France.
Le 25 décembre, l’analyse du prélèvement du « patient de Tours » indique pour la première fois la présence du variant britannique en France. LP/Jean-Baptiste Quentin

Le 25 décembre au matin sur un ordinateur de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon (Rhône) une courbe rouge apparaît et avec la certitude qu'on vient de détecter le variant anglais en France. « À ce moment-là, la première chose que l'on se dit est : il faut prévenir les autorités », nous racontait récemment le virologue qui a fait la découverte au centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires.

Le prélèvement était celui du « patient de Tours », un Français de retour de Londres, testé le 21 décembre. Son résultat étant positif, l'échantillon a été envoyé à Lyon. Mission : séquençage. En 27 heures, une machine superpuissante, fait parler le génome du virus.

Depuis, la procédure reste la même. Le test PCR ne suffit pas pour savoir si l'on est infecté par un Covid sauce British, il faut à chaque fois établir une carte d'identité génétique du virus. Coup de chance, le test de Thermo Fischer (répandu en France) réagit différemment en présence du variant anglais. « Il permet de voir qu'il s'agit d'un variant, il ne peut pas déterminer lequel », précise Olivier Schwartz, directeur de l'unité virus et immunité pour l'institut Pasteur. Après ce premier filtre, les prélèvements suspects sont donc envoyés en séquençage.

Le mystérieux cas de Bagneux

C'est ainsi qu' un mystérieux cas est identifié à Bagneux (Hauts-de-Seine). On apprend le 7 janvier qu'une animatrice de la ville qui n'a pourtant ni voyagé en Angleterre ni croisé personne de retour d'outre-Manche a contracté le fameux variant anglais. C'est le premier cas pour lequel il est impossible de remonter la chaîne de contamination, preuve que le « VOC 202012/01 », petit nom du variant, circule en France. Bagneux attire tous les regards : on lance un dépistage massif, 2000 personnes sont testées en quatre jours.

D'autres clusters inquiètent, à Marseille, en Vendée… À cette date, on sait déjà que le mutant anglais est plus contagieux. Depuis, on craint qu'il ne soit aussi plus mortel, comme l'estiment certains scientifiques anglais. La course contre la montre continue : « Plusieurs équipes, dont la nôtre, isolent ce variant pour mieux le comprendre, pointe Olivier Schwartz. On se demande par exemple s'il se multiplie plus vite, s'il passe plus vite de cellule en cellule. »

VIDÉO. Covid-19 : le variant britannique aurait « un degré de mortalité plus élevé », indique Boris Johnson

Selon les derniers chiffres de Santé publique France on compte 131 infections au « VOC 202012/01 » au 20 janvier. C'est peu, mais avec son « avantage sélectif », le mutant pourrait s'imposer dans l'Hexagone comme il l'a fait en grande Bretagne. Alors on tente de le suivre et de bloquer les chaînes de contamination.

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En ce moment, 26 étudiants anglais en goguette près de Chamonix (Haute-Savoie) sont confinés, alors que 14 d'entre eux ont été testés positifs au Covid-19. On devrait bientôt savoir s'il s'agit du mutant venu de leur « home sweet home ». Dans l'école de commerce HEC, 19 cas de Covid ont été détectés dont une partie du variant anglais, selon une info du JDD. 600 élèves devaient se faire titiller les narines ce week-end.