Var : un ralentisseur jugé trop haut doit être raboté

À Lorgues, un automobiliste a obtenu qu’un dos-d’âne jugé trop haut retrouve sa conformité d’ici trois mois. Une première qui pourrait faire jurisprudence dans la région.

 Lorgues (Var), samedi. Le gendarme couché installé dans le centre du village fait l’objet de nombreuses critiques d’automobilistes.
Lorgues (Var), samedi. Le gendarme couché installé dans le centre du village fait l’objet de nombreuses critiques d’automobilistes. LP/Diane Andrésy

À Lorgues (Var), le ralentisseur implanté sur la route qui mène au cœur du village est désormais illégal. Ainsi en a décidé la justice à Toulon, saisie par un automobiliste qui avait endommagé son véhicule après un passage sur ce dos-d'âne, jugé trop haut et trop dangereux. Il avait donc attaqué la commune devant le tribunal administratif qui lui a finalement donné raison. Une décision qui pourrait faire tache d'huile.

« C'est une excellente nouvelle pour nous qui nous battons depuis quatre ans pour dénoncer l'illégalité des ralentisseurs en France », clame Thierry Modolo, à la tête de l'association « Pour une mobilité sereine et durable ». « Ces plateaux abrupts ne doivent pas dépasser 4 m de long et 10 cm de haut. Or, la plupart font 15 voire 20 cm de hauteur. On en a même trouvé à 25 cm dans le Var ! Vous imaginez les dégâts quand une voiture ou une moto passent ? Sans compter que beaucoup sont implantés dans des zones où ils n'ont rien à faire. »

À Lorgues, le fameux ralentisseur épinglé fait jaser : « Si on veut le passer sans racler son bas de caisse, il faut carrément s'arrêter devant et le grimper au pas », raconte Jean. « Au village, tout le monde le sait et fait attention, mais quand les touristes arrivent l'été, c'est un carnage. »

Cette fois, la commune est sommée de mettre son ralentisseur aux normes avant février 2021 sous peine de devoir le raboter de force. Le conducteur qui avait mis en cause la commune recevra près de 2000 euros d'indemnités pour les dégâts provoqués sur sa voiture. « Dans le Var, on demande la mise en conformité de 700 ralentisseurs ou leur destruction », reprend Thierry Modolo, bien décidé à faire plier les élus. Il y a pourtant une commune du Midi qui a pris les devants : Sanary-sur-Mer. Dans cette cité balnéaire à succès, tous les dos-d'âne ont été supprimés.