Vaccins contre le Covid-19 : le nouveau calendrier des livraisons voulu par le gouvernement

Ce schéma comporte plusieurs changements par rapport à la version annoncée début janvier.

 Le gouvernement mise sur près de 80 millions de doses reçues fin juin.
Le gouvernement mise sur près de 80 millions de doses reçues fin juin. LP/Arnaud Dumontier

Pour pouvoir offrir un vaccin contre le Covid-19 à « tous les Français qui le souhaitent » d'ici la fin de l'été, comme s'y est engagé Emmanuel Macron mardi soir, des dizaines de millions de doses seront nécessaires. Peu avant l'interview du chef de l'Etat sur TF1 et LCI, le ministère de la Santé a d'ailleurs communiqué le calendrier mis à jour des livraisons attendues d'ici à la fin de l'année. Plusieurs changements, généralement attendus, apparaissent par rapport à la version dévoilée par Olivier Véran le 7 janvier.

Six fabricants sont toujours mentionnés : trois désormais autorisés voire déjà administrés en France (Pfizer, Moderna et AstraZeneca), et trois toujours en attente de validation et qui n'arriveront pas avant avril, au mieux (Johnson&Johnson, Curevac et Sanofi/GSK). Les trois premiers groupes ont annoncé des retards de livraisons au cours du premier trimestre. Cela a d'ailleurs entraîné en février, dans certaines régions, des reports de premières doses afin de disposer de suffisamment de stocks pour les secondes.

De 21 à 16,3 millions de doses fin mars

Alors que le gouvernement prévoyait, début janvier, de disposer au total de 21 millions de doses de fin mars, la jauge attendue a été ramenée 16,3 millions. La baisse est particulièrement notable pour AstraZeneca, pour lequel la Haute autorité de santé a rendu publique ses recommandations mardi. Le nombre de doses attendues d'ici à fin mars passe de 9 à 5,8 millions. Fin juin, seules 18,4 millions sont désormais anticipées, un tiers de moins que les 28 millions initiales.

Pour Moderna, 200 000 doses manqueront en février. Le gouvernement mise cependant sur un rattrapage en mars afin de recevoir le million et demi de doses attendues à la fin du premier trimestre.

Vaccins contre le Covid-19 : le nouveau calendrier des livraisons voulu par le gouvernement

Place aux vaccins pas encore autorisés. Début janvier, CureVac était espéré en avril, avec 2 millions de doses livrées le premier mois. Il devrait finalement n'être autorisé qu'au milieu du printemps, au plus tôt. 2,6 millions de doses sont attendues en mai et 2,6 millions supplémentaires en juin. À l'issue du premier semestre, il manquerait alors 2,8 millions de doses par rapport à l'ambition affichée au début de l'année.

Le calendrier n'a pas fondamentalement changé pour Johnson & Johnson. Celui-ci ne devrait arriver qu'en avril, avec 8 millions de doses livrées au total fin juin. Seule différence : comme pour d'autres, les livraisons le premier mois pourraient être moins nombreuses qu'initialement prévu, avant rattrapage celui d'après. Rien ne change en revanche pour Sanofi. Et pour cause : le groupe pharmaceutique français est largement en retard. Son vaccin ne sera finalement autorisé, au mieux, qu'au second semestre de l'année. La France mise toujours sur 45 millions de doses livrées qu'à la fin de l'année.

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Comme Pfizer l'avait annoncé en janvier, sa cadence devrait s'accélérer au second trimestre. 40 millions de doses sont attendues d'ici à fin juin, versus 26 millions il y a un mois.

De nombreuses inconnues

Retards d'un côté, accélérations de l'autre… Au final, la France prévoit toujours de recevoir un peu moins de 80 millions de doses de vaccins au cours du premier semestre. Tous, sauf Johnson & Johnson, nécessitent deux doses. Avec un taux d'indisponibilité que le ministère évalue à seulement 5 %, 41 millions de Français pourraient alors être vaccinés.

Mais ce calendrier n'est bien sûr que théorique et il reste soumis à différents aléas. D'une part, encore faut-il que les trois vaccins toujours attendus soient bien mis sur le marché. Comme l'a monté l'actualité des dernières semaines, des retards de livraisons sont aussi tout à fait possibles. Enfin, certains groupes réfléchissent déjà à une nouvelle formule qui pourrait être plus efficace contre certains variants du SARS-CoV-2.

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À l'inverse, d'autres vaccins non prévus pourraient arriver en France. Le russe Spoutnik V, par exemple, est de plus en plus souvent évoqué. « Nous ne pouvons pas le distribuer en France tant que le producteur russe n'a pas soumis une autorisation de mise sur le marché. À la mesure où il le déposera, les autorités le regarderont de manière scientifique et indépendante », a indiqué Emmanuel Macron mardi soir.