Vaccination contre le Covid-19 : entre la première et la seconde dose, il faut désormais attendre 42 jours

Face à la recrudescence de l’épidémie, la Haute autorité de santé a tranché : on peut attendre six semaines entre les deux injections du vaccin, contre trois actuellement.

 Selon les projections de la HAS, au moins 700 000 personnes supplémentaires « seraient protégées par le vaccin » sur le premier mois d’application de cette mesure.
Selon les projections de la HAS, au moins 700 000 personnes supplémentaires « seraient protégées par le vaccin » sur le premier mois d’application de cette mesure. LP/Philippe de Poulpiquet

Que les chanceux qui ont reçu la première et ont rendez-vous pour la seconde, se rassurent : leur vaccination aura bien lieu comme convenu. Pour les autres, les règles vont changer. Le délai entre les deux doses ne sera plus de 21 jours, mais de 42. C'est en tout cas ce qu'a plaidé ce samedi matin la Haute Autorité de Santé (HAS) - boussole du ministère sur ces questions, qui devrait donc valider rapidement cet avis.

Décaler de trois à six semaines l'administration de la totalité des vaccins dits à ARN messager, ceux de Pfizer et de Moderna, un choix « imposé », dixit la HAS, par l'urgence de la situation. Et pour cause, « la possible prochaine flambée épidémique, avec l'arrivée de variants », inquiète sa présidente Dominique Le Guludec. Elle entend ainsi donner rapidement « une protection vaccinale au plus grand nombre, et notamment aux personnes qui risquent leur vie. » Or, on le sait, les plus âgés sont la cible du virus qui poursuit, un an après son arrivée, sa propagation sur le territoire.

Une recrudescence de l'épidémie, un variant britannique plus contagieux voire plus mortel, selon le Premier ministre anglais Boris Johnson… Le tout dans un contexte de tension dans la production et l'approvisionnement des vaccins. Pfizer a déjà accusé un retard. Très attendu car beaucoup plus souple sur sa conservation, le vaccin d'AstraZeneca va, lui, voir ses livraisons en Europe réduire de manière drastique.

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« Il y a une urgence épidémique. En espaçant les deux doses, on gagne 700 000 vaccinés de plus le premier mois », assure l'infectiologue Elisabeth Bouvet. Ce qui permettrait ainsi d'éviter « des milliers d'hospitalisations et des centaines de décès », renchérit Dominique Le Guludec, s'appuyant sur des modélisations de l'Institut Pasteur. A trois conditions : que la mesure soit prise très rapidement - en clair, dès maintenant. Que l'on continue à vacciner les plus vulnérables en top priorité. Et que toutes les doses des flacons, six et non cinq, soient bien utilisées.

Certes, mais le décalage n'engendre-t-il pas un risque sur l'action du vaccin ? Non, répond la professeure Bouvet, l'injection initiale permettant une première efficacité à 12 jours (14 pour Moderna) et de 90 % à trois semaines.

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Mais pourquoi, avec de tels chiffres, ne pas tout simplement se passer de la seconde piqûre ? « Elle agit comme un booster qui va prolonger l'efficacité et entraîner les cellules mémoire à long terme », décrypte Elisabeth Bouvet. La retarder, oui, s'en passer, non. « Elle est indispensable », tranche la présidente de la HAS.