Vaccination contre le Covid : en Israël, les signaux «encourageants» se multiplient

Les hospitalisations des personnes âgées ont diminué, ce qui pourrait s’expliquer par de premiers effets positifs de la vaccination. On décrypte.

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 Une personne se fait vacciner à Petah Tikva, le 1er février 2021.
Une personne se fait vacciner à Petah Tikva, le 1er février 2021. AFP/Jack Guez

Il faut bien sûr rester prudent, mais les signes encourageants s'accumulent en provenance d'Israël, leader mondial de la vaccination contre le Covid-19. Les hospitalisations ont beaucoup plus diminué chez les personnes âgées que dans la classe d'âge inférieure, plus d'un mois après les premières injections.

Malgré tout, le confinement qui devait s'achever ce lundi a été prolongé pour au moins cinq jours supplémentaires. Et le nombre de cas baisse moins vite qu'espéré. Le Parisien fait le point.

Où en est la vaccination en Israël ?

D'après les derniers chiffres mis à jour ce mardi matin sur le site du ministère de la Santé, environ 5 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin (sur 9 millions d'habitants). Près de 3,2 millions ont été piquées une première fois, tandis que plus d'1,8 million ont reçu les deux injections et sont donc complètement protégées.

Les premières vaccinations ont eu lieu le 20 décembre. Trois catégories de personnes sont prioritaires : les professionnels de santé, les personnes âgées de plus de 60 ans, et les autres groupes à risque. 80 % des plus de 60 ans ont d'ailleurs déjà reçu les deux doses.

Le rythme se tasse néanmoins légèrement ces derniers jours, en raison de difficultés à attirer de nouveaux volontaires. Le groupe de soins de santé Clalit a même été contraint de jeter un millier de doses expirées ces derniers jours, rapporte la chaîne Channel 12.

La vaccination produit-elle de premiers effets ?

C'est ce que semblent montrer les courbes des hospitalisations, alors que les vaccins ont pour but d'éviter de contracter la maladie et a fortiori de générer des formes graves. Chez les personnes âgées d'au moins 60 ans, le nombre d'entrées à l'hôpital a diminué de 30 % en deux semaines, a indiqué sur Twitter Eran Segal, scientifique de l'Institut Weizmann. Pour les cas les plus graves, la baisse est de 20 %. Ces diminutions sont « plus fortes que chez les jeunes » et de tels écarts n'avaient pas été constatés lors des confinements précédents, a-t-il indiqué.

Signe supplémentaire d'un effet de la vaccination, la baisse est encore plus marquée dans les communes où davantage d'injections ont été réalisées. « Nous avons reçu des données comme quoi, par exemple, dans les localités qui se sont fait vacciner pratiquement à 100 %, pour les plus de 60 ans, on a vu une chute des infections de 50 %, une chute des hospitalisations de 40 % et une chute de patients critiques de 15 % », a indiqué lundi sur France Info le professeur Cyrille Cohen, immunologue à l'université de Bar-Ilan dans le district de Tel-Aviv.

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Le 28 janvier, le service de santé Maccabi avait aussi communiqué une efficacité de 92 % concernant le nombre de personnes positives. 163 000 habitants entièrement vaccinés avaient été suivis et seuls 31 d'entre eux avaient été diagnostiqués positifs.

« Tout porte à croire que ces résultats sont dus à la vaccination. On voit aussi qu'au sein d'une même catégorie de population, il y a moins de cas, d'hospitalisations et de décès dans le groupe de vaccinés que dans celui de non-vaccinés », se réjouit l'épidémiologiste Michael Edelstein, professeur à l'université de Bar-Ilan, à Tel Aviv. Ce spécialiste en santé publique pointe cependant un « manque de transparence » dans les données communiquées par les groupes de santé israéliens, mais ce sont « des organisations réputées ».

« C'est encourageant et je suis agréablement surpris, car on aurait pu s'attendre à ce que les effets mettent un peu plus de temps à apparaître », réagit de son côté l'épidémiologiste Antoine Flahault.

Alors, pourquoi prolonger le confinement ?

Comme indiqué en introduction, le confinement mis en place le 27 décembre a été prolongé au moins jusqu'à la fin de la semaine. Le pic des nouveaux cas a été atteint mi-janvier, autour de 9000 par jour en moyenne. Il est depuis redescendu à 6000, mais la baisse est encore trop lente. D'où la nécessité de prolonger ces restrictions.

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Ce constat peut sembler paradoxal, étant donné les résultats encourageants de la vaccination. « Mais quand on regarde la distribution des cas par âge, on constate que la majorité des nouvelles contaminations sont dans des tranches d'âge moins vaccinées que les autres », souligne Michael Edelstein.

« Ils ont repris le contrôle et ils ne sont plus du tout en phase exponentielle, même si la courbe ne baisse pas vite », observe en écho Antoine Flahault. Cela pourrait aussi s'expliquer par la propagation des variants, plus contagieux. « 40 % des contaminations sont dues au variant britannique », confirme Michael Edelstein.

Les journaux israéliens rapportent aussi régulièrement des scènes de non-respect du confinement. Dimanche soir, des milliers de personnes se sont réunies à Jérusalem pour assister aux funérailles du Rabbin Yitzchak Shiner, décédé à 98 ans du coronavirus. Et ce, en dépit de la limitation des rassemblements à 20 personnes en extérieur.