Vaccin Spoutnik V : la Russie veut accélérer, la France et d’autres pays européens prêts à l’utiliser

La France, l’Espagne et l’Allemagne se sont dits ouvertes à utiliser ce vaccin russe à condition qu’il soit validé par l’Agence européenne du médicament.

 Un flacon contenant le nouveau russe contre le coronavirus SARS-CoV-2.
Un flacon contenant le nouveau russe contre le coronavirus SARS-CoV-2. AFP/Natalia Kolesnikova

Bientôt un petit nouveau parmi les vaccins contre le Covid-19 validés en Europe? S'il reste un long chemin à parcourir, le produit russe Spoutnik V pourrait bien arriver dans les prochains mois. D'une part, la Russie veut en augmenter la production à l'étranger. D'autre part, plusieurs pays européens se sont dits prêts à l'utiliser pour leur population, à condition qu'il soit validé en bonne et due force par l'Agence européenne du médicament.

La Russie veut accélérer

« Dans un avenir très proche, nous entendons démarrer la production dans des pays étrangers pour répondre à la demande croissante dans toujours plus de pays », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son point presse régulier ce mercredi. La veille, une étude publiée par la revue médicale The Lancet et validée par des experts indépendants avait établi l'efficacité du vaccin russe à 91,6 % contre les formes symptomatiques du Covid-19.

Le Spoutnik V a longtemps été traité avec méfiance face à l'absence de données scientifiques publiques. Il a néanmoins déjà été homologué dans une quinzaine de pays : d'ex-républiques soviétiques restées proches comme le Bélarus et l'Arménie, des alliés comme le Venezuela et l'Iran, mais aussi l'Argentine, l'Algérie, la Tunisie ou le Pakistan.

Plutôt qu'exporter, Moscou veut développer des partenariats de production. Pour le moment, le Kazakhstan, l'Inde, la Corée du Sud et le Brésil produisent le Spoutnik V. Mais tous ne l'utilisent pas encore. La Russie a également entamé la procédure d'homologation auprès de l'Agence européenne du médicament (EMA).

En France, « aucun blocage pour qu'il soit diffusé » si…

Mardi soir, Emmanuel Macron a fait un premier pas vers une utilisation du vaccin russe en France. « Nous ne pouvons pas le distribuer en France tant que le producteur russe n'a pas soumis une autorisation de mise sur le marché. À la mesure où il le déposera, les autorités le regarderont de manière scientifique et indépendante », a-t-il indiqué sur TF1 et LCI.

« Si Spoutnik est validé, homologué par l'Agence européenne du médicament et en France par la Haute autorité de santé, il n'y a aucun blocage pour qu'il soit diffusé, s'il correspond aux normes scientifiques et aux exigences de robustesse et de contrôle qui s'imposent en Europe », a renchéri le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ce mercredi sur Europe 1.

Vaccin Spoutnik V : la Russie veut accélérer, la France et d’autres pays européens prêts à l’utiliser

Si la procédure aboutit, cela pourrait notamment permettre au gouvernement d'atteindre l'objectif d'Emmanuel Macron. Le chef d'Etat a garanti de proposer un vaccin à « tous les adultes qui le souhaitent » d'ici à la fin de l'été.

L'Allemagne et l'Espagne également intéressées sous conditions

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déjà dit mardi prête, sous condition, à l'idée d'utiliser le vaccin anti-Covid russe en Europe. Ce mercredi, c'est au tour de l'Espagne d'afficher une position semblable. Le gouvernement est « ouvert » et « enthousiaste » dès lors que le produit sera autorisé par l'Agence européenne des médicaments, a déclaré la ministre de la Santé, Carolina Darias.

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Au sein de l'Union européenne (UE), la Hongrie est le seul pays à avoir déjà autorisé ce vaccin sans attendre que l'Agence européenne des médicaments se prononce. Il en a reçu 40 000 doses ce mardi.