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Vacances de la Toussaint : «Les déplacements ne posent pas problème, si…»

Il n’y a pas plus de risque à se rendre sur son lieu de villégiature que d’aller au travail ou de prendre les transports en commun. A condition de respecter certaines règles, note l’épidémiologiste Pascal Crépey.

 L’épidémiologiste Pascal Crépey voit ces vacances de la Toussaint comme un moment salvateur avant «un hiver difficile».
L’épidémiologiste Pascal Crépey voit ces vacances de la Toussaint comme un moment salvateur avant «un hiver difficile». France 3

On en a tous besoin, pour chasser la grisaille du temps ou la sinistrose de l'épidémie de Covid-19. Mais un petit air résonne : aller en vacances – maintenant –, est-ce bien raisonnable? Contrairement aux apparences, les voyants sanitaires du départ ne sont pas si rouges que cela. « Partir avec sa famille, dans une location ou dans sa résidence secondaire n'a rien de problématique », relève d'emblée Pascal Crépey, épidémiologiste à l'Ecole des hautes études en santé publique.

Dans ce cas, cela permet même de réduire son risque d'être contaminé ou de contaminer : vous prenez moins de transports en commun, vous rencontrez moins de monde, votre absence au travail fait que les locaux sont moins remplis…

Evidemment, il y a un mais, ou plutôt un si. « Les déplacements de la Toussaint ne posent pas problème s'ils ne conduisent pas à des endroits clos, avec des personnes vulnérables dont on va mécaniquement augmenter le risque d'exposition au virus », reprend-il. « Selon l'attitude de chacun face aux mesures de prévention, cela peut se passer tout à fait correctement, ou beaucoup moins », résume Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France, qui rappelle que le virus continue sa diffusion préoccupante vers les plus âgés.

Cette parenthèse, son confrère Pascal Crépey la voit également comme un moment salvateur où les gens vont « pouvoir souffler un peu, se reposer avant un hiver compliqué ». Une période où politiques et médecins leur demanderont – pour sûr – de renforcer encore leur vigilance.

Un exemple pas si mal réussi est celui la première vague. Les départs d'ultra-urbains vers des zones plus propices au confinement avaient fait craindre une diffusion du virus sur tout le territoire et un engorgement des services hospitaliers dans les régions de repli. « On a vu que cela ne s'était pas produit, rappelle-t-il. Mais encore une fois, cela dépend de son comportement personnel. » Avec une autre différence, contrairement à la période de mars-avril : cette fois, le virus est partout.