Vacances de février : la revanche de la moyenne montagne sur les grandes stations de ski

L’arrêt des remontées mécaniques est une catastrophe pour les stations de haute montagne. Dans le Jura ou le Massif central en revanche, on surfe sur les activités nordiques et la raquette pour attirer les touristes. Et ça marche !

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 De la neige, du grand air et un esprit familial revendiqué : les stations de moyenne montagne sont la promesse de belles vacances.
De la neige, du grand air et un esprit familial revendiqué : les stations de moyenne montagne sont la promesse de belles vacances. Istock

Depuis qu'elles sont toutes petites, Juliane et Elisa ont appris que les sports d'hiver consistaient à chausser des skis, prendre de la hauteur en grimpant sur un télésiège puis descendre une piste en alternant les virages serrés. Le week-end dernier, avec leurs parents, ces deux ados originaires du Doubs ont tourné le dos aux stations alpines de la Haute-Savoie pour un week-end de ski de fond dans les forêts enneigées de moyenne altitude du Jura près de Lac-des-Rouges-Truites.

« Avec nos combinaisons de ski alpin et le pantalon large de snowboard de mon mari, on dépareillait un peu mais on s'est régalés, savoure Sophie, la maman. Et il y avait la queue pour louer du matériel de ski nordique et des raquettes. » Les remontées mécaniques étant fermées, les « grandes » stations des Alpes ont du mal à attirer les fondus de descente qui ne jurent que par les séances de slalom ou de schuss. Alors les stations de moyenne montagne tentent de tirer leur épingle du jeu en misant sur leurs atouts.

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« Entre les balades autour des lacs, les itinéraires de ski de fond, le ski de randonnée au cœur de grands espaces naturels peu fréquentés, nous offrons de nombreuses possibilités d'activités alternatives au ski de descente, souligne le directeur du comité départemental du tourisme du Jura, Jean-Pascal Chopard. Du coup, nous bénéficions du report des touristes qui avaient prévu de partir en haute montagne », confirme-t-il.

Dans le massif du Sancy (Puy-de-Dôme), les élus ont surfé sur la fermeture des télécabines et autres télésièges pour rappeler que chez eux, bien d'autres activités restent accessibles : des espaces luges gratuits, la possibilité d'emprunter des tapis remonte-pente pour les skieurs débutants, de suivre même des cours avec l'Ecole de ski français pour les mineurs licenciés ou de découvrir de nouveaux parcours de raquettes aménagés, comme sur les hauteurs de la station de Super Besse, afin de « profiter des panoramas ».

Les réservations suspendues aux annonces

« Mercredi, nous avons traité 700 appels téléphoniques contre 200 habituellement à cette période, explique Luc Stelly, le directeur de l'office de tourisme du Sancy. Et il y a quinze jours, quand le gouvernement a confirmé la fermeture des remontées mécaniques, nous avons eu dès le lendemain un regain d'appels pour trouver des hébergements. » Résultat : la saison ne devrait pas être entièrement « blanche » à cause du Covid-19.

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« Pour l'instant, nous accusons une baisse de 50 % des réservations par rapport à l'an dernier mais cela peut atteindre 95 % dans certaines stations de haute altitude, relativise Luc Stelly. Et puis, comme les clients attendent désormais la dernière minute pour réserver, en se calant sur les annonces gouvernementales, on pourrait encore gagner 10 à 20 % de réservations supplémentaires. »

Les vacanciers privés de ski alpin vont en profiter pour s’initier à de nouvelles disciplines. LP/Arnaud Journois
Les vacanciers privés de ski alpin vont en profiter pour s’initier à de nouvelles disciplines. LP/Arnaud Journois  

Attendre la dernière minute, c'est ce que fera Stephan, un Parisien de 48 ans. « Nous avions réservé un chalet dans les Alpes pour faire du ski alpin mais on a annulé il y a trois semaines et on pourrait décider au dernier moment de partir dans le Jura, explique ce père de famille. Quand j'évoque la possibilité de faire des raquettes et du ski de fond avec les enfants, ça ne les fait pas vraiment vibrer. Mais compte tenu de la situation sanitaire, il faut savoir s'adapter et faire des compromis. On a tous besoin de partir, de souffler, de se dépayser, et le seul fait de pouvoir aller à la neige est déjà une chance énorme. »

Les élus du massif du Sancy rêvent de voir désormais le scénario des derniers jours de décembre se reproduire en février. « On avait senti un véritable engouement pendant les vacances, explique Luc Stelly. La deuxième semaine de Noël, nos hébergements étaient même saturés. »