Vacances de février à tout prix : «Nous n’avons tous qu’une seule envie, bouger»

Qu’ils aillent respirer à la montagne, veuillent profiter des bars ouverts à Madrid ou du littoral basque, beaucoup de vacanciers veulent profiter de leurs vacances pour oublier le Covid-19.

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 Ils ont choisi une escapade sur le littoral, un séjour en Espagne où les bars sont ouverts, un bol d’air à la neige malgré l’absence de remontées mécaniques… Et vous ?
Ils ont choisi une escapade sur le littoral, un séjour en Espagne où les bars sont ouverts, un bol d’air à la neige malgré l’absence de remontées mécaniques… Et vous ? PHOTOPQR/L’Indépendant/Christophe Barreau; REUTERS/Susana Vera; iStock

Habituellement, ils auraient pris un forfait pour dévaler les pistes rouges et noires de leur station savoyarde préférée ou réservé dans leur location de vacances favorite en bord de mer. Mais le coronavirus a tout chamboulé sur son passage. Oubliés le verre de vin chaud en terrasse et la raclette au restaurant. Mais malgré les restrictions sanitaires, beaucoup ont quand même décidé de partir pour s'offrir un « bol d'air ».

«Ça fait du bien de voir la neige»

Jérôme et ses enfants ont séjourné dans les Pyrénées

Jérôme et ses enfants ont découvert autrement la montagne. DR
Jérôme et ses enfants ont découvert autrement la montagne. DR  

« Voir des télésièges à l'arrêt, quand tu raffoles du ski alpin, c'est quand même un peu frustrant ». Lorsqu'il est arrivé le week-end dernier dans la station pyrénéenne de Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées), Jérôme, 52 ans, a eu un petit pincement au cœur. C'est que ce quinquagénaire originaire de Gujan-Mestras (Gironde) ne jure que par les grandes descentes en slalom à travers les sapins.

Cette fois, il a dû se résoudre à profiter de la montagne sans les plaisirs du ski alpin. « J'avais repéré un chalet proposé à 2 400 euros pour dix personnes et quand j'ai appelé le propriétaire, il me l'a proposé à moitié prix » raconte le père de famille. A ce tarif-là, pas d'hésitation.

Une fois sur place, Jérôme et ses deux ados, Lucas et Romain, ont retrouvé tout un groupe d'amis avec qui ils ont partagé les joies de la neige… sans jamais avoir recours aux remontées mécaniques. « Beaucoup de gens faisaient de la motoneige mais nous avons opté pour la raquette avec un guide qui était génial, raconte cet ancien Parisien. Les enfants ont adoré car c'est une activité facile où l'on se retrouve très proche de la nature. Pour la montée, nous nous sommes faufilés entre les sapins via les petits chemins empruntés généralement par les troupeaux, en repérant au passage les terriers des marmottes ».

Chaque soir, la petite troupe se retrouvait au chaud dans le chalet pour déguster des tartiflettes et des raclettes avec de bons produits locaux. Et puis jeudi, Jérôme a testé le ski de randonnée. C'est un peu comme le ski alpin sauf qu'on grimpe la pente à skis à la seule force des jambes. « C'est très physique mais ça offre de super sensations et on savoure l'arrivée au sommet car on mesure le prix de l'effort accompli », explique le néophyte qui regrette toutefois de ne pas avoir pu profiter après l'effort « d'une bière en terrasse et d'un restaurant d'altitude ». Mais « ça fait du bien de voir la neige, d'être au grand air toute la journée et de crapahuter dans la station en moon-boots ».

«En Suisse, tout est ouvert»

Antoine et ses copains comptent passer la frontière

Qu'elles lui paraissent loin les vacances sur la côte d'Azur l'été dernier. Antoine, fondu de ski, rêvait du coup de partir cet hiver dans une station savoyarde. Mais les remontées mécaniques étant fermées côté français, lui et cinq de ses amis comptent passer la frontière et profiter des Alpes côté Suisse. « Là-bas, tout est ouvert et on aimerait bien y partir trois ou quatre jours début mars en réservant un logement avec une clause annulation du fait du Covid-19 » explique le jeune homme, originaire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

« Depuis l'été dernier, à part quelques rares soirées avec les potes, on n'a rien pu faire ensemble, même pas un week-end, alors nous n'avons tous qu'une seule envie : bouger, explique ce jeune commercial, âgé de 24 ans, qui gagne le smic. Même si ça risque de nous coûter un bon billet, soit entre 800 et 1 000 euros par personne, on a envie de se faire plaisir. »

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Au-delà du coût du séjour, ce sont surtout les conditions d'accès en Suisse et de retour en France qui risquent de doucher ses rêves de poudreuse. Car les autorités helvétiques exigent un test PCR négatif de moins de trois jours pour pénétrer sur leur territoire et une période d'isolement obligatoire lorsqu'on vient de certains départements de l'Hexagone. Le gouvernement français déconseille d'ailleurs fortement à ses ressortissants le ski de l'autre côté des Alpes et prévient que des contrôles aléatoires pourront être effectués à la frontière. « Nous ferons tout pour faire les choses au carré car nous voulons partir sereinement mais on ira sans hésiter s'il y a une opportunité. La seule chose qui pourrait vraiment nous bloquer, c'est si Macron décidait d'un reconfinement strict, comme celui du printemps. »

«On rêvait des Antilles… on ira au Pays basque»

Sophie veut penser à autre chose que le Covid

Pour la famille de Sophie, cap sur Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). LP/Olivier Boitet
Pour la famille de Sophie, cap sur Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). LP/Olivier Boitet  

Confinée presque tous les jours depuis des mois dans son appartement parisien, Sophie s'imaginait bien partir se prélasser sous d'autres latitudes avec son compagnon sur une plage de sable blanc. « Après l'année compliquée que l'on a tous vécue, nous avions envie de soleil et nous rêvions des Antilles », confie la jeune femme. Mais les règles strictes édictées le 29 janvier par le gouvernement pour les déplacements à l'étranger ont réduit à néant ses envies d'Outre-mer.

« Comme on ne se fait pas à l'idée de passer une semaine à Paris et que nous avons besoin d'une vraie coupure, nous avons décidé de réserver quelques jours au Pays basque » confie cette cadre qui rêve de penser à autre chose que le Covid-19. Cap donc sur Saint-Jean-de-Luz où le couple souhaite réserver un appartement « avec une grande cuisine ». Au menu : des petits plats concoctés maison, des balades dans l'arrière-pays et peut-être, si l'occasion se présente, une « excursion en Espagne ».

«Là-bas, tout est ouvert jusqu'à 22 heures, les restaurants, les musées, les bars…»

Damien et Elsa vont s'envoler vers Madrid

Des touristes français profitent d’une terrasse de café à Madrid le 5 février. REUTERS/Juan Medina
Des touristes français profitent d’une terrasse de café à Madrid le 5 février. REUTERS/Juan Medina  

Dimanche, la Saint-Valentin aura un goût particulier pour Damien, un entrepreneur de 33 ans, et sa compagne Elsa. « C'est nos quatre ans, confie le jeune Parisien. C'est une date importante, alors nous voulions marquer le coup. » Partir en France ? Le couple y a bien pensé mais sans possibilité de faire de ski alpin à la montagne ou de profiter des restaurants en bord de plage, Damien et Elsa ont décidé de s'envoler ce week-end pour Madrid. « Là-bas, tout est ouvert jusqu'à 22 heures, s'enthousiasme Damien. Les restaurants, les musées, les bars, etc. »

Si Damien reconnaît avoir « envie d'en profiter », il précise qu'il ne fera pas « n'importe quoi ». « La compagnie aérienne exige d'ailleurs un test PCR négatif à l'aller et au retour pour pouvoir entrer en Espagne et revenir en France ». Le couple a donc décidé de se faire tester cette semaine pour pouvoir embarquer et de réitérer l'opération vendredi soir en France juste avant de partir. Ils disposeront ainsi du résultat du test lundi dans la journée, juste avant d'embarquer pour le vol retour vers Paris. Une mince obligation sanitaire en contrepartie de la liberté que les Français vont redécouvrir en Espagne.

« On va pouvoir respirer un peu, déambuler dans les rues, profiter des bars à tapas et s'attabler au soleil en terrasse car ils annoncent 15 °C et du grand beau temps, savoure à l'avance Damien. Bref, oublier le Covid et retrouver un semblant de vie normale. » Tout à sa joie de profiter de cette courte escapade espagnole, il rêve déjà d'un été libéré des contraintes sanitaires. « J'ai des envies de voyages, de dépasser les frontières de l'Europe et ce qui me manque le plus en ce moment, c'est de ne pas pouvoir me projeter. »