Un homme et une femme sur la Lune en 2024 : la Nasa dévoile son plan à 28 milliards de dollars

L’équipage qui ira sur la Lune en 2024 pour cette mission américaine de la Nasa sera composé d’un homme et d’une femme. L’alunisseur a lui seul coûtera 16 milliards de dollars.

 Le Congrès américain va devoir débloquer rapidement une première enveloppe de 3,2 milliards pour l’alunisseur d’ici Noël pour atteindre l’objectif Lune en 2024.
Le Congrès américain va devoir débloquer rapidement une première enveloppe de 3,2 milliards pour l’alunisseur d’ici Noël pour atteindre l’objectif Lune en 2024.  Nasa

Le compte à rebours vient d'être donné par la Nasa. Un peu d'anticipation : nous sommes en 2024, ce jour-là, un peu comme le 21 juillet 1969 quand Neil Armstrong a posé le premier le pied dans ce nouveau monde, sans doute serons-nous nombreux sur notre bonne vieille planète à avoir les yeux rivés vers le ciel

Un équipage, une femme et un homme, devrait se poser au pôle sud du satellite de la Terre et non sur les anciens sites d'atterrissage d'Apollo entre 1969 et 1972 qui se situaient plutôt à l'équateur.

« Nous retournons sur la Lune à la recherche de découvertes scientifiques, d'avantages économiques et d'inspiration pour une nouvelle génération d'explorateurs. Alors que nous construisons une présence durable, nous créons également un élan vers ces premiers pas humains sur la planète rouge », a lancé Jim Bridenstine, l'administrateur de la Nasa.

Pour autant, la Nasa va devoir avoir les pieds sur terre car les défis financiers et technologiques qui s'annoncent pourraient facilement remettre en cause ce programme dans les années à venir.

Pour être certain que l'on retombe bien dans la réalité, le premier challenge va être financier. Pour la Nasa, les « risques politiques » sont souvent plus dangereux que les risques techniques.

16 milliards pour l'alunisseur

En son temps, Barack Obama avait annulé le programme Constellation d'exploration de Mars même si son prédécesseur avait engagé plusieurs milliards de dollars de dépenses… Là, il ne faut pas oublier que le retour sur la Lune des Etats-Unis est une volonté de Donald Trump.

Les élections présidentielles à venir vont-elles rebattre les cartes de ces missions. Or pour la Nasa, cet objectif Lune pour 2024 se chiffre à 28 milliards de dollars sur les cinq prochaines années dont 16 milliards rien que pour l'alunisseur.

C'est donc l'un des premiers dossiers qui sera à l'ordre du jour du Congrès qui va être renouvelé le 3 novembre. « Si le Congrès vote les premiers 3,2 milliards pour l'alunisseur d'ici Noël, nous serons toujours dans les clous pour un alunissage en 2024 », a expliqué Jim Bridenstine, lundi, lors d'une conférence de presse.

D'autres éléments peuvent aussi gripper la machine. En mars avec le coronavirus, la Nasa a été contrainte de mettre le pied sur la pédale de frein dans son programme.

Au-delà de cette question d'argent, le défi sera surtout technologique et va se faire pas à pas.

Trois projets sont en concurrence pour ce véhicule d'alunissage. Le premier est développé par Blue Origin, fondée par le patron d'Amazon Jeff Bezos, en partenariat avec Lockheed Martin, Northrop Grumman et Draper.

Un séjour d'une semaine sur la Lune

Les deux autres projets sont développés par SpaceX, fondée par Elon Musk, et par la société Dynetics. Une première sélection aura lieu début 2021, selon la Nasa.

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Se pose aussi la question du lanceur. Le premier vol, Artémis 1, prévu en novembre 2021, se fera sans astronaute à bord. La nouvelle fusée géante SLS, actuellement en phase de tests, s'envolera pour la première fois, avec la capsule Orion à son sommet. En 2023, Artémis 2 devrait embarquer des astronautes autour de la Lune mais il ne sera pas encore question de se poser.

Enfin, c'est Artémis 3 qui enverra l'équipage pour ce séjour lunaire d'une semaine qui sera ponctué par deux à cinq « activités extravéhiculaires ».

Dès lors la Nasa envisage d'envoyer régulièrement des hommes et d'installer une station permanente. « Pendant les années Apollo, on pensait que la Lune était complètement sèche », a expliqué Jim Bridenstine en ajoutant : « aujourd'hui on sait qu'il y a beaucoup de glace d'eau, au pôle Sud. »

Des combinaisons plus flexibles

Pendant toute cette préparation, la Nasa devrait envoyer des engins robotisés sur place pour en quelque sorte « défricher » le terrain avant l'arrivée des astronautes avec un premier module « d'habitation » ou des instruments scientifiques permettant de réaliser les premières expériences.

« Au fil du temps, l'avant-poste évoluera, avec de nouveaux modules ajoutés par des partenaires internationaux, permettant aux membres d'équipage de mener des missions lunaires de plus en plus longues », prévient la Nasa. Les astronautes qui devraient être équipés de combinaisons spatiales qui permettent « une plus grande flexibilité et un plus grand mouvement » par rapport à celles de leurs prédécesseurs Apollo, pourront collecter plus facilement des échantillons sur le sol lunaire même si l'objectif avoué est de pouvoir extraire de l'eau.

Eau qui pourra être convertie en d'autres ressources utilisables (oxygène, carburant..). Un point de départ vers d'autres explorations plus lointaines comme vers Mars. Mais ça, c'est une autre histoire…