Un couvre-feu en Ile-de-France contre le coronavirus ? «Rien n’est à exclure», avance Marlène Schiappa

Alors qu’un conseil de défense sanitaire est en cours à l’Elysée ce mardi matin pour décider de nouvelles mesures, la ministre déléguée à la Citoyenneté a indiqué que cette piste était « sur la table », parmi d’autres mesures.

 Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, ici dans son bureau de la place Beauvau.
Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, ici dans son bureau de la place Beauvau. LP/Philippe Lavieille

« Tout est envisageable, très honnêtement, tout est sur la table ». Interrogée ce mardi matin sur LCI, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa n'a pas balayé l'hypothèse d'un couvre-feu en Ile-de-France pour contrer l'évolution des contaminations au Covid-19, alors que le taux de positivité des tests atteint 17 % en Ile-de-France, (11,8 % en France), un chiffre « qu'on n'avait jamais atteint » a alerté lundi Aurélien Rousseau, directeur de l'Agence régionale de santé.

« Rien n'est à exclure puisque le virus évolue, a poursuivi la ministre, qui reconnaît que les restrictions actuelles ne parviennent pas à ralentir la progression de l'épidémie. « Il y a beaucoup de gens qui respectent avec beaucoup de précautions l'ensemble des mesures sanitaires, mais on observe que hélas ça ne suffit pas », avance Marlène Schiappa. Alors oui, « il y a d'autres mesures qui sont sur la table et qui sont envisagées très localement ».

Selon Le Point, qui se réfère à plusieurs sources au sommet de l'État, l'hypothèse d'un couvre-feu nocturne dans les zones les plus à risque est bel et bien à l'étude. D'après l'hebdomadaire, différents scénarios seraient étudiés pour limiter la circulation des personnes en soirée, à partir de 20 heures, 22 heures ou 23 heures.

Une restriction appliquée depuis ce week-end dans plusieurs grandes villes en Allemagne. A Berlin, les établissements ferment désormais leurs portes entre 23 heures et 6 heures, une tranche horaire habituellement fréquentée chaque week-end par des dizaines de milliers de personnes. Ce couvre-feu, qui concerne tous les magasins sauf les pharmacies et stations-service, est en place au moins jusqu'au 31 octobre. La vente d'alcool dans les stations-service est interdite.

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Francfort a pris une mesure similaire, avec la fermeture des bars et restaurants et l'interdiction de vente d'alcool un peu plus tôt, à 22 heures. Même horaire pour Cologne, qui déplore au moins 50 nouvelles infections quotidiennes pour 100 000 habitants.

Pour « réduire la circulation nocturne et donc les interactions sociales »

Interrogé sur France Info à propos d'une telle mesure, le chef du service réanimation de l'hôpital Lariboisière, à Paris, estime qu'il « faut agir ». « Malgré les appels à la responsabilisation de la population et le renforcement des protocoles sanitaires, les chiffres continuent à augmenter, constate Bruno Mégarbane. Donc très clairement, même si 80 % de la population applique les règles, une partie reste réfractaire et continue à organiser des rassemblements dans le cercle privé ».

Un couvre-feu dans les zones les plus touchées permettrait d'éviter ces rassemblements, « de réduire la circulation nocturne et donc les interactions sociales », estime le patron de la réanimation à Lariboisière. Parce que « si on reste comme ça, la catastrophe est prévue dans un ou deux mois ».

«Deuxième vague forte »

Emmanuel Macron prendra la parole mercredi peu avant 20 heures pour évoquer la situation sanitaire et de nouvelles mesures. Lundi matin, le Premier ministre Jean Castex a reconnu que la France était « dans une deuxième vague forte ». « J'appelle à ce que nous nous mobilisions tous et toutes, il ne peut plus y avoir de relâchement », a-t-il répété. En écartant un reconfinement généralisé, dont les conséquences seraient « dramatiques », Jean Castex a demandé de « limiter le nombre de personnes reçues à domicile » et de « respecter les gestes barrière dans l'espace public et dans la sphère privée ».