Timothy Ray Brown, premier homme guéri du VIH, décède d’un cancer

Celui qu’on avait appelé le «patient de Berlin», guéri en 2008 du VIH, luttait depuis six mois contre une récidive de leucémie.

 Timothy Ray Brown en 2012 à Washington lors d’une conférence du World AIDS Institute.
Timothy Ray Brown en 2012 à Washington lors d’une conférence du World AIDS Institute. Reuters/Kevin Lamarque

L'Américain Timothy Ray Brown, qui devint en 2008 le premier homme à guérir de l'infection par le virus du sida, a été emporté mardi par un cancer. Il était âgé de 54 ans.

Dès mardi, son compagnon avait annoncé qu'il était en phase terminale : « Timothy ne meurt pas du VIH, que les choses soient claires », avait confié Tim Hoeffgen sur le blog du militant et auteur Mark King.

« Ces six derniers mois, Timothy vivait avec une récidive de la leucémie », a indiqué mercredi la Société internationale sur le sida (IAS) dans un communiqué, précisant que le cancer avait notamment atteint son cerveau mais qu'il « était resté à l'abri du virus VIH ».

Une photo de Timothy Ray Brown et son compagnon Tim Hoeffgen, le 8 août 2020, à Palm Springs, en Californie/AFP.
Une photo de Timothy Ray Brown et son compagnon Tim Hoeffgen, le 8 août 2020, à Palm Springs, en Californie/AFP.  

Timothy Ray Brown vivait à Berlin quand il a appris, en 1995, qu'il avait été contaminé par le virus. C'est en 2006 qu'il a été diagnostiqué d'une leucémie. Son médecin, à l'université de Berlin, a alors pratiqué une greffe de cellules-souches d'un donneur qui avait une mutation génétique rare lui conférant une résistance naturelle au VIH.

« C'est magnifique d'être guéri du VIH »

L'espoir était que cette greffe, une opération lourde et dangereuse, soigne les deux maladies. Il en a fallu deux pour y parvenir : en 2008, celui qu'on désignait alors comme le « patient de Berlin » afin de préserver son anonymat était guéri des deux maladies.

En 2010, il avait accepté de dévoiler son nom publiquement. Depuis, il était devenu une personnalité publique, s'exprimant dans des interviews et conférences. « Je suis la preuve vivante qu'il peut y avoir une guérison du sida », déclarait-il en 2012. « C'est magnifique d'être guéri du VIH ».

Une seule autre rémission a été annoncée, en mars dernier, grâce à la même méthode : elle concerne le « patient de Londres », qui s'est révélé s'appeler Adam Castillejo, désormais considérer comme guéri.

La méthode de la greffe de cellules-souches n'est pas considérée comme une voie de traitement généralisable en raison de sa lourdeur et des risques. Il faut préalablement supprimer le système immunitaire du receveur par chimiothérapie, afin de le « remplacer » par celui du donneur. De plus, les traitements antirétroviraux permettent désormais aux personnes de vivre une vie quasi normale avec le VIH.