Stations de ski : le casse-tête des vacances de février

Le gouvernement doit annoncer mercredi si les remontées mécaniques pourront rouvrir ou non. Les familles qui ont réservé s’inquiètent pour les vacances de février et l’argent déjà dépensé.

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 La réouverture ou non des remontées mécaniques (ici Val-d’Isère), sera annoncée le mercredi 20 janvier.
La réouverture ou non des remontées mécaniques (ici Val-d’Isère), sera annoncée le mercredi 20 janvier. REUTERS/Eric Gaillard

Les vacances de février se vivront-elles aussi sans ski comme celles de Noël? La menace est réelle et mettrait les professionnels de la montagne dans une situation économique dramatique. Alors qu'ils devaient être fixés le 7 janvier sur la réouverture ou non des remontées mécaniques, ils le seront finalement mercredi.

Dans une lettre ouverte adressée ce week-end au Premier ministre Jean Castex, le patron du Club Med exhorte le gouvernement à « sauver la Montagne française ». « Le 20 janvier, vous ne déciderez pas seulement des vacances d'hiver de nos concitoyens, vous déciderez aussi de la survie de ce remarquable écosystème qui a déjà terriblement souffert des effets de la pandémie, pour le deuxième hiver consécutif », alerte Henri Giscard d'Estaing.

Le flou total

Pour Patrick Labrune, président du Syndicat des résidences de tourisme, un statu quo sur les remontées mécaniques serait une catastrophe avec, « comme cela s'est produit pour les vacances de fin d'année, jusqu'à 80 % d'annulations à prévoir ». A moins de trois semaines du début des congés d'hiver, les candidats aux sports d'hiver qui ont déjà réservé ou attendent encore d'y voir plus clair pour se décider sont, eux aussi, dans le flou total.

Le secrétaire d'Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne se veut rassurant. Il incite « les futurs vacanciers qui ont déjà fait leurs réservations à les conserver », précisant que de nombreux hébergeurs et transporteurs comme la SNCF « se sont engagés à ce que les annulations puissent se faire plus tard, sans frais, sans pénalité ». Dans les faits, tout n'est pas si simple.

Les règles sont à géométrie variable. Elles dépendent du type de réservations ou d'options que l'on a posées. Auprès d'un hôtel par exemple, il faudra s'arranger directement avec le propriétaire ou le gestionnaire de l'établissement pour annuler, reporter ou se faire rembourser. Lorsque l'on souhaite en connaître les modalités, la tâche se complique quand il s'agit de réservations en ligne. Booking, Expedia, Kayak ou Airbnb : les règles diffèrent d'une plateforme à l'autre. Sur un même site, les conditions peuvent aussi varier d'un loueur à l'autre.

«La date limite à laquelle nous pouvons annuler sans frais tombe justement ce mercredi»

Frédéric, un Parisien de 49 ans qui s'offre chaque année une semaine au ski, ne sait plus sur quel pied danser. Avec un ami, il a loué sur Booking un grand chalet dans les Alpes, à Montchavin-les-Coches, entre La Plagne et les Arcs, à partir du 20 février. « La date limite à laquelle nous pouvons annuler sans frais tombe justement ce mercredi, le jour où doit être annoncé si les remontées mécaniques pourront rouvrir ou non, s'inquiète ce père de famille. On a décidé de maintenir la réservation, avec ou sans remontées, mais la question est aussi de savoir si on pourra vraiment y aller dans le cas d'un nouveau confinement, avec interdiction de se déplacer d'une région à l'autre. »

Comme beaucoup, Frédéric pense maintenant à annuler pour reprendre une autre réservation, de dernière minute, en fonction des mesures sanitaires qui prévaudront alors. Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, il existe aussi des formules permettant de s'engager dès maintenant tout en gardant l'esprit tranquille. Chez Odalys par exemple, l'offre « spéciale Covid » s'accompagne, pour une réservation jusqu'au 31 janvier, de 21 clauses d'assurance remboursement total, hors frais de dossier, en cas de fermeture des remontées mécaniques, de confinement ou de limitation des déplacements.