Sécurité globale : la manifestation de samedi à Paris autorisée par la justice

Le rassemblement, qui doit partir de la place de la République, avait été interdit dans un premier temps par la préfecture de police.

 La semaine dernière, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté contre le projet de loi.
La semaine dernière, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté contre le projet de loi. LP/Arnaud Dumontier

La manifestation pourra bien avoir lieu. Un nouveau rassemblement contre le projet de loi sécurité globale a finalement été autorisé par la justice. La mobilisation avait dans un premier temps été interdite par la préfecture de police qui plaidait pour une mobilisation statique. D'autres rassemblements sont prévus ce même samedi dans plusieurs autres villes de France.

Un recours avait été intenté pour contester l'arrêté préfectoral. Celui-ci « a été suspendu », a indiqué Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ, à l'issue de l'audience vendredi, ouvrant la voie à une marche, de République à Bastille, à partir de 14h00.

En l'espace de quelques jours, le projet de loi a suscité de très vifs débats, au point de déclencher ce vendredi une véritable crise politique. Au cœur des débats, notamment, l'article 24, qui prévoie de pénaliser la diffusion malveillante d'images de policiers et gendarmes. Un débat devenu sensible, alors que plusieurs images de violences illégitimes causées par des policiers ont été largement diffusées ces derniers jours, déclenchant plusieurs enquêtes de l'IGPN, la police des polices.

Jeudi, Emmanuel Macron a reçu son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, indéfectible soutien de l'article.

De cette entrevue a germé une idée, dont la paternité revient, à tout le moins officiellement, à Gérald Darmanin : faire « réécrire » l'article par une « commission » indépendante. Validée, puis annoncée par Matignon, la décision d'apaisement a au contraire mis le feu aux poudres. Au point que, vendredi, deux des plus hauts personnages de l'Etat, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, un très proche de M. Macron, et celui du Sénat, Gérard Larcher (LR), ont exprimé leur « opposition » à cette commission - irritation relayée dans toute la majorité, d'abord par le chef des députés LREM Christophe Castaner.

Plusieurs milliers de manifestants à Nantes

Résultat, Jean Castex a dû promettre, vendredi, dans un courrier adressé aux protestataires, que la commission ne serait finalement pas chargée de réécrire le texte, qui « ne saurait relever que du Parlement ». Christophe Castaner lui en a donné acte, en estimant que le rôle des chambres était « réaffirmé et respecté ».

Un rassemblement s'est tenu ce vendredi soir à Nantes contre le projet de loi, réunissant entre 6000 et 7000 manifestants selon l'intersyndicale, contre 3500 selon la police. « Défense des libertés individuelles et collectives, non à la proposition de loi de sécurité globale », pouvait-on lire sur la banderole de l'intersyndicale réunissant CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et SAF (syndicat des avocats de France).

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D'autres banderoles ou pancartes énonçaient : « Gardiens de la paix, foutez-la nous », « c'était les femmes, la grande cause du quinquennat, pas la police », « Sécurité globalement liberticide », ou encore « Abattre l'Etat policier », « Violence, dernier refuge de l'incompétence », « Pas vus, pas pris ». « La justice doit rapidement faire la lumière sur ces violences policières. Il est aussi urgent de créer une autorité indépendante de contrôle et de sanction, en lieu et place de l'IGPN » (Inspection générale de la police nationale), a tweeté la maire (PS) de Nantes Johanna Rolland, en réaction aux images de tabassage de Michel Zecler, producteur de musique à Paris.