Sécurité des écoliers : «Les parents doivent être exemplaires !»

Pour Nathalie Irisson, secrétaire générale de l’association Assurance Prévention, le rôle des parents est primordial dans l’acquisition des bons réflexes chez les enfants.

 Selon Nathalie Irisson, secrétaire générale d’Assurance Prévention, le trajet au collège doit servir d’école de la route à nos têtes blondes.
Selon Nathalie Irisson, secrétaire générale d’Assurance Prévention, le trajet au collège doit servir d’école de la route à nos têtes blondes. LP/Jean-Baptiste Quentin

Contexte sanitaire du Covid oblige, on a tendance à déposer ses enfants en voiture, alors l'abord des écoles est un point sensible en cette rentrée. Nathalie Irisson, secrétaire générale d'Assurance Prévention, rappelle combien ce trajet doit servir d'école de la route à nos têtes blondes.

Les enfants sont-ils en danger sur le trajet de l'école ?

NATHALIE IRISSON. Evidemment, ce point attire notre attention. Selon les derniers chiffres publiés par la sécurité routière, les piétons en général ne bénéficient pas de l'embellie comme les automobilistes ou les motards en termes de mortalité sur les routes. Les piétons sont des usagers vulnérables et, vulnérables parmi les vulnérables, on retrouve notamment les enfants. D'autre part, ce trajet nous intéresse parce qu'il doit constituer un vrai apprentissage pour acquérir les bonnes habitudes du déplacement à pied.

Comment faire ?

Toutes les études le montrent, le « faites ce que je dis » ne marche pas. Les parents doivent être exemplaires, ce qui est loin d'être le cas ! On attend donc bien que le fameux « petit bonhomme » passe au vert. On évite aussi de marcher les yeux rivés sur son téléphone quand on accompagne son enfant à l'école. L'idée est progressivement de faire gagner en autonomie, notamment en inversant les rôles : à l'enfant d'« amener » son parent jusqu'à la grille en expliquant les points à surveiller comme les carrefours ou les rues à traverser…

Le Covid a aussi remis les enfants dans les voitures, pour éviter les transports en commun…

C'est vrai. Pas uniquement parce que les parents ont peur, mais aussi parce qu'à la moindre suspicion, les ramassages scolaires sont interrompus et les familles se trouvent contraintes de véhiculer leur progéniture. Il faut apprendre aux enfants à sortir côté trottoir, à bien vérifier qu'il n'y a pas un vélo ou une trottinette quand ils ouvrent leur portière. Si l'on veut voir la bouteille à moitié pleine, certaines écoles ont aussi étalé les horaires d'entrée ou de sortie pour gérer l'épidémie. Et c'est plus simple pour la sécurité routière. Certaines villes, comme Paris, prévoient aussi des systèmes du type « rue aux écoles », en piétonnisant les abords des établissements.