Sécurité à vélo : une campagne de prévention démarre ce vendredi

La sécurité routière lance, à partir de ce vendredi, une campagne de prévention pour tenter de faire baisser les accidents impliquant des cyclistes. Des chiffres qui sont en forte hausse.

 De plus en plus de gens privilégient le vélo comme moyen de déplacement, ce qui entraîne plus d’accidents.
De plus en plus de gens privilégient le vélo comme moyen de déplacement, ce qui entraîne plus d’accidents. LP/Valentin Ceborn

« Quand vous frôlez un cycliste, lui, il frôle la mort. » Ou : « A vélo, pas la peine de vous casser la tête : le casque est indispensable » Sur les bus, sur les panneaux publicitaires, dans la presse, sur les réseaux sociaux, la Sécurité routière lance ce vendredi une grande campagne pour tenter de contrer la mauvaise tendance de la mortalité des adeptes de la petite reine. Avec un mois de juillet particulièrement mortel (29 tués à vélo), un triste record a été battu. Cet été (entre juin et août), le nombre de blessés a également augmenté de 60 % par rapport à la même période en 2019.

« Bien sûr, le trafic a considérablement augmenté depuis la fin du confinement. Malheureusement, ce mouvement s'accompagne d'une hausse du nombre de cyclistes blessés ou tués », relève Marie Gautier-Melleray, la déléguée interministérielle à la sécurité routière.

«Plus dangereux de ne pas faire de vélo que d'en faire »

Du côté de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), on salue la nouvelle attention portée aux cyclistes tout en craignant que ce type de communication ne dissuade un certain nombre de Français de se mettre à pédaler : « En santé publique, il est plus dangereux de ne pas faire de vélo que d'en faire », insiste Olivier Schneider, son président. Reste que le nombre d'accidentés en fait un sujet de plus en plus sensible.

VIDÉO. Comment éviter ces trois pièges pour ne pas avoir d'accident à vélo

La communication de la Sécurité routière vise deux cibles : les cyclistes qui ne respectent pas toujours le Code de la route et les « motorisés » (automobilistes, motards, conducteurs de poids lourds...) qui n'ont pas encore appris à partager la route avec ces usagers très fragiles et désormais très nombreux. « A vélo, les règles les plus simples ne sont pas toujours respectées comme s'arrêter au feu rouge, indiquer le changement de direction, rouler sans casque audio », relève la déléguée. Ces infractions sont passibles d'amendes de 11 à 135 euros.

Le casque ne suffit pas

La campagne incite aussi les adultes à pédaler casqué, alors qu'en France ce n'est obligatoire que pour les enfants jusqu'à 11 ans. « Il s'agit d'une sage précaution. Selon l'importance du choc, il peut prévenir toute lésion ou les atténuer, même si tous les décès ne peuvent être évités », indique de son côté le Pr Olivier Langeron, chef de service d'anesthésie et des réanimations chirurgicales à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne) qui reçoit de plus en plus de traumatisés et polytraumatisés tombés à vélo.

Pour les associations de cyclistes, le casque, certes bénéfique, ne peut pas être l'alpha et l'oméga de la sécurité. « Quand on analyse les circonstances des accidents mortels, il s'agit de vélo fauché par l'arrière par un automobiliste qui regardait son téléphone. Dans ce cas, malheureusement, le casque n'y peut pas grand-chose », insiste Téo Bartuccio, de l'association Mon vélo est une vie, qui voit d'un bon œil qu'on parle vélo aux automobilistes. De fait, les sportifs du dimanche comme les vélotafeurs tombent rarement seuls.

En chiffres

2/3 des tués à vélo ont plus de 55 ans.

88% des morts à vélo sont des hommes.

65% des cyclistes tués ou blessés le sont lors d’une collision avec un véhicule de tourisme ou un utilitaire.

80% des accidents impliquant un cycliste ont lieu en ville mais 49 % des tués à vélo le sont en agglomération. La gravité hors agglomération (14 cyclistes tués pour 100 cyclistes blessés) est six fois plus élevée qu’en agglomération.

Source : ONISR pour l’année 2019