Vaccins contre le Covid-19 : l’UE dévoile son contrat signé avec Sanofi et GSK

La Commission européenne était pressée par plusieurs eurodéputés de dévoiler la teneur de ce contrat. Des éléments du document ont cependant été noircis.

 La Commission européenne a dévoilé son contrat avec le laboratoire Sanofi.
La Commission européenne a dévoilé son contrat avec le laboratoire Sanofi. AFP/FRANCK FIFE

Opération transparence. La Commission européenne a rendu public, mardi, le contrat signé avec les laboratoires Sanofi et GSK pour précommander leur vaccin anti-Covid. Il s'agit du troisième document de ce type dévoilé par Bruxelles.

Sous forte pression des eurodéputés, qui dénoncent des tractations opaques avec l'industrie pharmaceutique, la Commission avait déjà publié les contrats conclus avec l'allemand CureVac et le suédo-britannique AstraZeneca. L'exécutif européen, qui négocie au nom des Vingt-Sept et a signé à ce jour six contrats pour réserver plus de 1,2 milliard de doses, assure être tenu à la confidentialité tant que les entreprises concernées ne donnent pas leur feu vert.

Comme les documents précédemment publiés, le contrat Sanofi-GSK accessible en ligne a été amputé de nombreux éléments jugés « sensibles », noircis pour être rendus illisibles : calendrier prévisionnel des livraisons, prix et sommes avancées par l'UE pour soutenir le développement du vaccin, usines concernées etc.

Possibles coûts supplémentaires selon les commandes

La Commission avait signé mi-septembre ce contrat avec le français Sanofi et le britannique GSK pour réserver jusqu'à 300 millions de doses de leur vaccin en développement. « Sanofi et GSK déploieront leur meilleurs efforts raisonnables pour assurer la fourniture des volumes indiqués et (respecter) le calendrier des livraisons », détaille le texte, mais « les volumes anticipés et les calendriers sont purement indicatifs et basés (sur les hypothèses de fabrication au moment du contrat)».

Ainsi, Bruxelles réserve les doses, mais il incombe ensuite aux Etats membres de passer les commandes fermes auprès des laboratoires et de prendre en charge les questions logistiques. Le prix par dose sera augmenté d'un « coût supplémentaire » (dont le chiffre exact a été noirci) si les achats totaux passés par les Etats ne dépassent pas 150 millions de doses.

Un vaccin attendu au mieux à la fin de l'année

Par ailleurs, les deux laboratoires seront tenus non responsables (« harmless »), en cas de poursuites de tiers, de conséquences négatives ou d'effets secondaires résultant du déploiement des vaccins. C'est aux Etats de prendre en charge d'éventuelles indemnisations ainsi que les frais de défense des deux groupes… à l'exception de cas spécifiques, censurés dans le document publié.

Sanofi et GSK assurent par ailleurs « s'efforcer » de fournir « au moins 200 millions de doses » pour une initiative internationale visant à approvisionner les pays les plus vulnérables. Le vaccin à protéine recombinante développé par Sanofi et GSK, initialement annoncé pour l'été 2021, n'est plus attendu, au mieux, qu'à la fin de l'année. Les essais cliniques se sont avérés mois bons qu'escompté.