Vaccination anti-Covid-19 : enfin un coup d’accélérateur !

Le vaccin AstraZeneca arrive cette semaine chez les généralistes. Une nouvelle option qui devrait donner un coup de fouet à la campagne et apaiser des frustrations, alors que moins de 2% de la population a reçu les deux doses.

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 «Après l’appel d’air créé par la vaccination en ville, une nouvelle marche sera franchie mi-mars. La vaccination sera ouverte  à tous les 50-64 ans», indique le ministère de la Santé.
«Après l’appel d’air créé par la vaccination en ville, une nouvelle marche sera franchie mi-mars. La vaccination sera ouverte à tous les 50-64 ans», indique le ministère de la Santé. ISTOCK/Alena Paulus

Le premier coup d'œil est réjouissant. Dans la Loire, les Alpes-Maritimes, l'Indre, les Pyrénées-Atlantiques, ou encore Paris, les créneaux de vaccination défilent : lundi, mardi, mercredi, avec des disponibilités toutes les douze à quinze minutes. Mais il suffit de regarder de plus près sur Doctolib pour déchanter.

A moins d'être un professionnel de santé, la dose immunisante contre une forme grave du Covid ne vous sera pas réservée. « Ce n'est pas un manque d'organisation mais un problème de fond : la part de vaccins allouée à la France n'est tout simplement pas suffisante », résume Olivier Bouchaud, le chef de l'infectiologie à l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), dont le centre réalise environ 120 injections par jour quand il pourrait en faire « au moins 300 ».

550 000 doses d'AstraZeneca chez les généralistes

Avec 2,5 millions de citoyens « piqués » (dont 1,1 a reçu les deux doses, soit moins de 2% de la population), la déception est là, et elle est légitime. Pourtant, des éclaircies vont venir percer le long tunnel de la vaccination. Première bouffée d'air frais jeudi prochain. Ça y est, les flacons immunisants arrivent chez les médecins généralistes. 550 000 unités du produit d'AstraZeneca, peu chères et faciles à stocker, leur seront délivrées le 25 février.

Destination le bras des patients de 50 à 64 ans avec un risque de développer une forme sévère de la maladie (obésité, hypertension artérielle, diabète…). « Il faut pousser le raisonnement et inclure les pharmaciens, appelle Carine Wolf-Thal, la présidente de leur Ordre. L'enjeu est d'aller vite, de recevoir et d'injecter aussitôt. Matériellement, ce n'est pas possible pour les seuls généralistes. Qu'on s'appuie sur nous, sur les infirmiers, sur les sages-femmes! » lance la professionnelle.

Du côté du ministère de la Santé, on se refuse à toute fausse promesse : « On sera toujours à flux tendu dans les prochaines semaines », souffle-t-on rue de Ségur, tout en espérant voir l'étau se desserrer. « Après l'appel d'air créé par la vaccination en ville, une nouvelle marche sera franchie mi-mars. La vaccination sera ouverte en population générale, à tous les 50-64 ans. Cela permettra de garder la relation de confiance qui s'est instaurée avec le vaccin et redire que, oui, progressivement, on y arrive », veut-on rassurer.

Vaccination anti-Covid-19  : enfin un coup d’accélérateur !

Un mois à peine à tenir. « C'est à la fois très court… et très long », concède Yvanie Caillé, membre du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, présidé par Alain Fischer, et fondatrice de Renaloo, qui aide les malades du rein. Son association mène actuellement une enquête sur l'accès aux doses pour ces patients. « C'est très difficile, résume-t-elle. Même ce que l'on pensait simple, comme la possibilité de vacciner directement dans les centres de dialyse, s'avère compliqué dans certains départements. Ce sont pourtant des personnes très vulnérables, qui fréquentent les hôpitaux. La peur d'un cluster avec un variant est omniprésente. Il y a beaucoup d'angoisse, de frustration qu'on espère lever au plus vite », explique-t-elle.

Bientôt un quatrième vaccin ?

« Le problème est qu'on a rajouté des prioritaires aux prioritaires. Ça fait 8 millions de candidats au vaccin, alors qu'on en dispose de trois fois moins », grince le pharmacologue Bernard Bégaud, ancien président de la commission sur les essais cliniques à l'Agence du médicament. Lui appelle à « tenir la ligne » pour ne pas créer d'attente intenable, et aussi à mieux s'appuyer sur les territoires dans un pays où la santé est « totalement centralisée ».

L'infectiologue Olivier Bouchaud espère, lui, un enrichissement de l'offre. « Plus il y a de vaccins, plus on vaccine », synthétise le professeur. Après Pfizer, Moderna et Astra, un quatrième pourrait arriver sur le marché : le Janssen, efficace à 66% selon son laboratoire Johnson&Johnson. Et un avantage : une seule injection nécessaire. Sa demande d'autorisation devrait aboutir à une décision de l'Agence européenne du médicament d'ici la fin mars.

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« Les labos travaillent aussi à l'éventuelle adaptation de leur produit aux variants », reprend le ministère de la Santé. Face à eux, la vaccination n'a jamais été aussi urgente. Après un renfort de doses en Moselle, 3500 de plus vont être acheminées « en urgence » à Nice et toutes les Alpes-Maritimes, un département qui suscite l'inquiétude du ministre Olivier Véran, qui y était ce samedi en visite. Au point qu' un confinement partiel ou total y est sur la table.