Vaccin anti-Covid : 13 millions de doses AstraZeneca vont manquer

Le ministère de la Santé annonce ce mardi d’importants retards dans les livraisons du laboratoire britannique. Un coup dur pour la suite de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

 Le laboratoire AstraZeneca a fait savoir qu’il aurait du retard dans ses livraisons à cause de problèmes rencontrés pendant ses essais cliniques. (Illustration)
Le laboratoire AstraZeneca a fait savoir qu’il aurait du retard dans ses livraisons à cause de problèmes rencontrés pendant ses essais cliniques. (Illustration) LP/Philippe de Poulpiquet

C'est le vaccin qui doit faire monter en flèche le taux de vaccination des Français, mais il va se faire désirer encore plusieurs semaines. Alors que l'autorisation de mise sur le marché du produit d'AstraZeneca, conçu en collaboration avec l'université d'Oxford, est attendue d'ici à quelques jours, le laboratoire enregistre de sévères retards.

« On ne recevra que 4,6 millions de doses d'ici à fin mars, seulement 26 % de ce qui était attendu. Le contrat prévoyait la livraison de 17,5 millions de doses d'ici à la fin du mois de mars », annonce le ministère de la Santé. Ces chiffres correspondent à ceux du contrat passé de longue date entre l'UE et la firme, selon cette source. Déjà en décembre, AstraZeneca avait annoncé un calendrier prévisionnel des livraisons qui ne prévoyait plus que 9 à 10 millions de doses au premier trimestre. Il s'agissait jusqu'à ce mardi des derniers chiffres communiqués par le gouvernement concernant ce fournisseur.

« L'Europe a investi des milliards pour développer les premiers vaccins et créer un véritable bien commun mondial. Maintenant, les entreprises doivent tenir leurs promesses », s'est agacée ce mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

«Une très grande déception»

Au ministère de la Santé, on évoque « une très grande déception » et on adresse aussi des récriminations directes au fabricant : « L'entreprise a connu des problèmes dans ses essais cliniques, suspendus une bonne partie des mois de septembre et d'octobre. L'autorisation de mise sur le marché (AMM) sera délivrée en février et pas en décembre comme le prévoyait le contrat, mais tout l'objet du contrat de précommande est de financer la production à risque. L'entreprise aurait dû démarrer la production dès décembre pour mettre en stock des vaccins et les délivrer dès l'obtention de l'AMM. »

La situation est en revanche en passe de revenir à la normale avec Pfizer-BioNTech, dont le calendrier trimestriel devrait être respecté, tout comme celui de Moderna pour un total de 10,5 millions de doses escomptées d'ici à fin mars. Les doutes concernant AstraZeneca ne s'arrêtent pas à sa capacité à honorer ses engagements. L'efficacité du médicament chez les personnes les plus âgées a été remise en cause en Allemagne, entraînant un démenti de la firme et du gouvernement.

Le ministère de la Santé français reconnaît travailler sur « la manière dont AstraZeneca s'imbriquera dans la stratégie vaccinale » en fonction de l'autorisation de mise sur le marché délivrée et des avis rendus au préalable par l'Agence européenne des médicaments (EMA) et la Haute autorité de santé (HAS).

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Contrairement aux doses de Moderna et Pfizer, le vaccin du laboratoire britannique est facile à conserver. Stocké entre 2 et 8 °C, il est destiné à être distribué dans les pharmacies, lorsque le nombre de doses reçues sera suffisant pour abreuver les plus de 20 000 officines que compte le territoire.