Reconfinement partiel des Alpes-Maritimes : ces autres territoires qui inquiètent

Alors que de nouvelles mesures ont été annoncées ce lundi par le préfet des Alpes-Maritimes, le nord, l’est et l’Île-de-France suscitent une vigilance particulière.

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Des habitants portant un masque se baladent sur la Promenade des Anglais, à Nice, samedi 21 février 2021.
Des habitants portant un masque se baladent sur la Promenade des Anglais, à Nice, samedi 21 février 2021. REUTERS/Eric Gaillard

Comme le couvre-feu à 21 heures en octobre, puis celui à 18 heures début janvier, le confinement du littoral des Alpes-Maritimes le week-end, annoncé ce lundi matin, sera-t-il prochainement élargi à d’autres départements ? C’est à craindre, au vu de l’évolution de la situation liée au Covid-19. Différents indicateurs sont pris en compte par les autorités, à commencer par le nombre de nouveaux cas quotidiens et son corollaire, le taux d’incidence (le nombre de cas pour 100 000 habitants sur une semaine). La proportion de variants du SARS-CoV-2 parmi les tests positifs et la charge hospitalière sont aussi scrutées de près.

La situation des derniers jours n’est « pas bonne », a alerté samedi le ministre de la Santé Olivier Véran. » Ça ne flambe pas comme on aurait pu s’y attendre » mais « on est à la merci d’une flambée », d’après l’infectiologue Odile Launay, membre du comité Vaccin Covid, invitée de France Info ce lundi matin. Voici les différents territoires qui inquiètent particulièrement.

Dunkerque et sa région en alerte rouge

Le nord de la France recense certains des départements où le taux d’incidence a le plus augmenté en une semaine. La hausse atteint 23 % dans le Nord et près de 40 % dans le Pas-de-Calais. Seul le Finistère affiche une progression plus importante (41,7 %) mais le taux d’incidence y est beaucoup plus bas (environ 50 versus 300) et il est donc plus sensible aux variations. Le Pas-de-Calais affiche aussi un taux de positivité parmi les plus élevés du pays (8,3 %, quand la moyenne nationale est de 6,3 %).

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Au sein même d’un département, la situe varie selon les zones. Comme dans les Alpes-Maritimes, ce sont généralement les territoires urbains et proches du littoral ou des frontières qui sont les plus touchés. Le taux d’incidence dépasse désormais 900 dans la communauté urbaine de Dunkerque (Nord), par exemple, rapporte France Bleu. Le variant dit « britannique », estimé environ 30 et 70 % plus contagieux que la souche prédominante jusque-là, y représenterait plus de 70 % des nouveaux cas. Cela pourrait expliquer en partie cette flambée des contaminations.

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Par ailleurs, le taux d’occupation en réanimation dans la région Hauts-de-France dépasse 80 % des lits disponibles avant la pandémie. Les hôpitaux risquent d’être encore davantage chargés si les contaminations continuaient de progresser.

Dans le Grand-Est, la crainte du variant « sud-africain »

Cinq territoires de la région Grand-Est affichent un taux d’incidence supérieur à 150. En Moselle, la menace de mesures de restrictions plus strictes avait plané mi-février, en raison de la forte circulation des variants dits « sud-africain » et « brésilien ». Le département est le seul de métropole où la proportion de ces deux souches dépasse 40 %, d’après les résultats du « criblage » communiqués par Santé publique France jeudi 18 février. « Pour l’instant, on ne voit pas de flambée mais on doit être extrêmement attentif et on surveille chaque jour », souligne le député du département Fabien di Filippo (Les Républicains). Élu de la circonscription située la plus au sud la Moselle, il constate lui aussi de fortes disparités selon les territoires. « Le taux d’incidence est de 165 chez moi mais de 360 dans la métropole de Metz », souligne-t-il.

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« La situation justifiait que l’on prenne des mesures plus fortes, pas forcément en raison d’une incidence extrêmement élevée, mais surtout en raison de la très forte proportion de ces nouveaux variants qui ont une capacité à échapper à une réaction immunitaire liée au vaccin. Il aurait été pertinent de contrôler l’expansion de ces foyers pour ralentir leur propagation », juge l’épidémiologiste Pascal Crepey. L’Allemagne pourrait d’ailleurs annoncer ce lundi de nouvelles restrictions aux frontières avec la Moselle.

En Île-de-France, une « semaine de vérité »

Comme souvent, il a sonné l’alarme. Invité de France Inter ce lundi matin, le directeur général de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, a évoqué une « situation [qui] est tendue depuis plusieurs semaines ». L’Île-de-France se trouve à « une semaine de vérité », a-t-il aussi estimé. Si le taux d’occupation en réanimation est encore inférieur à 70 %, les entrées quotidiennes sont sur un plateau légèrement montant (59 par jour en moyenne). Le nombre de lits occupés à l’hôpital est néanmoins toujours bien inférieur aux maximums atteints lors de la première vague.

Mais le taux d’incidence est déjà supérieur à 250 dans cinq des huit départements franciliens et il a augmenté partout (sauf dans les Hauts-de-Seine) depuis une semaine. Le variant dit « britannique », qui représente 45 % des patients hospitalisés dans la région d’après le patron de l’AP-HP, fait craindre une poursuite de cette augmentation. « Je ne parlerais pas de semaine de vérité car la propagation du variant anglais ne date pas de cette semaine ni de la précédente et je ne sais pas si le nombre de cas va exploser cette semaine ou la suivante. Mais Martin Hirsch a raison de dire que c’est préoccupant », estime Pascal Crepey.

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Plusieurs médecins s’inquiètent aussi d’un supposé relâchement des gestes barrière, notamment ce week-end en raison des températures douces. « Il va y avoir des urgences à reconfiner localement mais je pense que l’inquiétude localisée va être transitoire », craint de son côté l’épidémiologiste. Comme de nombreux autres scientifiques, il s’attend à un mois de mars très difficile.