Journée internationale de la ménopause : ce que les femmes ne savent pas toujours

La journée internationale de la ménopause, qui se tient ce dimanche, est l’occasion de faire le point sur les idées reçues sur cette étape normale de la vie hormonale, mais qui reste pourtant mal connue.

 Face aux désagréments de la ménopause, «chaque femme gère comme elle peut, et ce n’est pas toujours simple», estime la Dre Joëlle Bensimhon.
Face aux désagréments de la ménopause, «chaque femme gère comme elle peut, et ce n’est pas toujours simple», estime la Dre Joëlle Bensimhon. LP/Aurélie Ladet

Par pudeur, par crainte de se voir cataloguées comme « vieilles », les femmes, souvent, la vivent en silence. Même au sein des couples, la ménopause − l'arrêt des règles durant 12 mois consécutifs − reste un sujet délicat. Alors que se tient, ce dimanche 18 octobre, la journée internationale qui lui est consacrée, on est frappé par le déficit d'informations grand public face à ce qui constitue pourtant une étape normale dans la vie d'une femme, « celle où son corps cesse de produire des œstrogènes, ces hormones qui commandent la fécondité », comme le rappelle la gynécologue Joëlle Bensimhon. Pourtant, ce qui pourrait être considéré comme une libération, ne l'est pas. « Face aux désagréments qui l'accompagnent, les bouffées de chaleur, les suées nocturnes, les rapports douloureux, les troubles de l'humeur, « chaque femme gère comme elle peut, et ce n'est pas toujours simple », reconnaît la gynécologue, qui en profite pour tordre le cou à quelques idées reçues.

La ménopause, c'est passé 50 ans : vrai/faux. « En moyenne, elle survient à 52 ans, mais on peut être ménopausée à 45 ans ou à 55 ans, c'est une affaire d'hérédité », résume la médecin. Pour savoir, interrogez votre mère ou votre sœur aînée, conseille-t-elle. Le fait d'avoir eu des règles précoces ou tardives joue-t-il? « Pas du tout. Cela n'a aucune influence. Peu importe aussi le nombre d'enfants que vous ayez eu, que vous ayez pris ou pas la pilule, que vous ayez eu une grossesse tardive ou pas ».

Il n'y a que les bouffées de chaleur comme signe : faux. Si elles sont effectivement typiques, un autre signe est souvent mal repéré par les femmes : les gynécologues l'appellent « le rhumatisme de la ménopause ». « C'est lorsque le matin, on se réveille en ayant le sentiment d'avoir des articulations rouillées, les doigts, les mains, les hanches, par exemple, et qu'on éprouve le besoin de s'étirer », explique la médecin.

Les bouffées de chaleur demeurent un mystère : vrai. Trois femmes sur quatre éprouvent ce symptôme. Parfois, il est passager, parfois non. « Cela peut durer durant dix à quinze ans » confirme la médecin. A quoi sont dues ces brusques rougeurs qui enflamment le visage ? A ce jour, leur mécanisme reste un mystère. On soupçonne un dérèglement du côté de l'hypothalamus, cette zone du cerveau qui fait le pont entre le système nerveux et le système hormonal. « C'est l'hypothalamus qui gère notre température corporelle. Ce thermostat se déréglerait », explique Joëlle Bensimhon.

Le sport aide : vrai. « C'est un vrai plus contre les bouffées de chaleur et les douleurs articulaires », observe-t-elle. Course à pied, danse, marche, aquagym, n'hésitez pas. Non seulement cela entretient la silhouette, mais cela prévient l'ostéoporose, cette perte de densité osseuse qui accompagne la ménopause. Les œstrogènes aident à fixer le calcium. Quand leur production flanche, l'os se fragilise, or c'est un tissu vivant : si on le sollicite en faisant une activité physique, on le fortifie en produisant de nouvelles cellules osseuses. Trente minutes d'exercice par jour, au minimum trois fois par semaine, c'est ce qui est recommandé.

Les traitements hormonaux de substitution, c'est à volonté : faux. En France, ces traitements qu'on appelle aussi les THS sont maintenant très encadrés. « Ils stoppent la sécheresse vaginale, les troubles urinaires, les bouffées de chaleur, sur le plan osseux, ils sont bénéfiques, mais le gros risque potentiel avec, c'est le risque accru de cancer du sein, explique notre spécialiste, donc c'est du cas par cas, on ne le prescrit que lorsque les symptômes sont très invalidants. » Autre bémol : « il faut installer le traitement dès le départ du processus de ménopause, sinon cela ne marche pas ». Quand on prend un THS, c'est pas plus de 10 ans maximum, et il faut un suivi médical rigoureux : « quand on sent la patiente est prête, on propose d'arrêter un mois, on voit ce qui se passe et si les bouffées ne reviennent pas, on arrête tout ».

Des œstrogènes, ça se trouve dans le commerce : vrai mais… Pour apaiser les bouffées de chaleur, il existe des petites astuces naturelles, car on trouve des œstrogènes à faible dose dans des plantes. « Manger des graines de lin peut aider, de même que boire une bonne tisane de sauge ou manger un yaourt au soja », souligne la spécialiste. On peut aussi consommer ces mêmes plantes sous forme de compléments alimentaires, mais attention aux phyto-oestrogènes à base de soja : ceux-là, il ne faut pas en prendre à forte dose, on les soupçonne d'augmenter le risque de cancer du sein.