Infections urinaires : les solutions pour les éviter

Les cystites sont très fréquentes chez les femmes. Il existe des techniques pour limiter les risques de récidive et d’apparition de cette pathologie.

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 Il y aurait environ 2 millions de diagnostics d’infections urinaires par an en France. Ce problème est dans la majorité des cas sans gravité mais toujours très pénible.
Il y aurait environ 2 millions de diagnostics d’infections urinaires par an en France. Ce problème est dans la majorité des cas sans gravité mais toujours très pénible. IStock

Une femme sur trois souffre d'infection urinaire au moins une fois dans sa vie. Et pour un nombre non négligeable d'entre elles, ces infections récidivent, trois, quatre fois par an, voire plus. Des stratégies de prise en charge efficaces existent pour réduire le risque de réinfection. Mais toutes les femmes concernées ne le savent pas ou n'en bénéficient pas forcément.

Il y aurait chaque année en France environ 2 millions d'infections urinaires diagnostiquées. Ce sont des infections banales, sans gravité dans l'immense majorité des cas, mais toujours très pénibles. C'est un problème essentiellement féminin, pour des strictes raisons anatomiques. L'infection urinaire est en général consécutive à une autocontamination : des germes d'origine digestive transportés depuis l'anus viennent envahir l'urètre puis la vessie.

Infections urinaires : les solutions pour les éviter

« Chez la femme, l'urètre mesure 2,5 cm (chez l'homme il mesure 10-15 cm). La proximité de l'urètre avec la vulve, explique pourquoi les bactéries peuvent pénétrer facilement dans la vessie et s'y multiplier », explique le docteur Sophie Conquy, urologue et spécialiste des infections urinaires, auteur de « La Cystite » (Ed. Mango). Les femmes sont donc particulièrement concernées, car les bactéries du tube digestif ont peu de chemin à franchir pour atteindre la vessie. Le circuit est beaucoup plus long chez les hommes, dont les infections urinaires sont le plus souvent liées à un autre facteur, hypertrophie de la prostate, rétrécissement de l'urètre…

Le risque de récidive augmente

Des recherches ont mis en évidence le fait que plus une femme a eu d'infections urinaires, et plus le risque d'en avoir à nouveau augmente. Cela, en raison d'une protéine, « l'adhésine », qui au fil des infections, se développe et facilite l'adhérence des bactéries sur la vessie. « Plus on fait d'infections et plus on en fera », résume le docteur Conquy. On parle d'infections urinaires à répétition au-delà de trois infections ou plus par an. La bactérie en cause est dans la quasi-totalité des cas, escherichia coli, d'origine digestive.

Les femmes savent reconnaître rapidement le début d'une infection urinaire : besoin d'uriner trop fréquent ou impérieux, douleurs dans la vessie, sensation de brûlure en urinant, présence de sang dans les urines … Le traitement de référence de la cystite simple aujourd'hui repose sur une dose unique d'un antibiotique (la fosfomycine), efficace dans plus de 90 % des cas et très bien tolérée.

Des gestes de prévention simples

Mais comment lutter contre les infections qui récidivent trop souvent ? « Pour les prévenir, quelques gestes simples sont indispensables, précise le docteur Conquy. D'abord, boire beaucoup d'eau. Il est impératif aussi d'uriner après les rapports sexuels pour nettoyer l'urètre. Ensuite, après avoir été aux toilettes, il faut s'essuyer d'avant en arrière et non l'inverse. Enfin, les soins d'hygiène intime ne doivent pas être agressifs, avec de préférence des savons doux, pour ne pas altérer la flore cutanée. »

Ces règles importantes contre les infections à répétition peuvent ne pas être suffisantes. Se sont développés ces dernières années des traitements non médicamenteux vendus sans ordonnance, non remboursés, comme ceux dérivés de la canneberge, ou à base de phytothérapie, probiotiques ou de d-mannose (NDLR : un sucre qui empêcherait les bactéries de s'accrocher à la paroi de la vessie).

Les dérivés de la canneberge efficaces

« On peut toujours les essayer pendant deux ou trois mois, en particulier les dérivés de la canneberge puisqu'ils n'ont aucun inconvénient. S'il n'y a pas d'amélioration, il faut passer à des traitements antibiotiques prolongés, poursuit le docteur Conquy. Les infections urinaires à répétition en plus d'être très pénibles, sont très gênantes socialement. »

La prévention des récidives est basée sur la prise régulière du même antibiotique, la fosfomycine (produit de référence) : un sachet tous les trois jours au début, pendant deux semaines, puis un sachet par semaine, pendant six mois. « Ce protocole efficace, bien toléré, n'induit pas de résistance à d'autres antibiotiques, ne perturbe pas le microbiote », ajoute le docteur Conquy. En cas d'échec – ce qui est rare — d'autres antibiotiques peuvent être prescrits.

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Au cours des décennies passées, contre les infections urinaires récidivantes, des chirurgies inutiles et dangereuses ont été testées, des instillations dans la vessie, ou encore des séances d'acupuncture, sans bénéfice. Des essais de vaccins n'ont jamais abouti. Alors, pour venir à bout de ces infections récidivantes, une consultation spécialisée avec un expert est l'un des meilleurs moyens pour vraiment s'en sortir.