Hérault : une société à l’origine d'une soixantaine d'hôtels hospitaliers en France

Clara Chaperon-Navarro a lancé Seclem GGL Santé à Montpellier pour proposer un toit aux patients à leur sortie de l’hôpital et avant de regagner leur domicile, ainsi qu’à leurs accompagnants.

 Montpellier (Hérault), vendredi. Clara Chaperon-Navarro travaille sur 60 projets d’établissements  à hébergement temporaire  non médicalisé en lien avec les CHU.
Montpellier (Hérault), vendredi. Clara Chaperon-Navarro travaille sur 60 projets d’établissements à hébergement temporaire non médicalisé en lien avec les CHU. LP/Christian Goutorbe LP/Christian Goutorbe

Pour les trois prochaines années, le chantier qui s'ouvre dans la vie et sur le bureau de Clara Chaperon-Navarro, 36 ans, est monumental. Il s'agit pour cette jeune mère de quatre enfants de diriger la création, la construction puis la gestion au quotidien d' une soixantaine d'hôtels hospitaliers partout en France. Le modèle proposé est baptisé Seren'City. Il permet de faire baisser les dépenses de santé liées à l'hospitalisation et répond à un besoin du patient d'être accompagné avant le retour à domicile, surtout lorsque celui-ci est éloigné de l'hôpital.

« Nous venons de signer la construction de deux établissements à Metz et Thionville. Début des travaux en janvier pour 155 chambres. Et vingt projets sont en bonne voie de maturation après étude poussée médico-économique. Il nous faut presser le pas car les besoins sont énormes partout en France. La congestion hospitalière liée à la pandémie du printemps dernier a encore accéléré la prise de conscience et des décisions », explique cette psychologue clinicienne de formation, aujourd'hui présidente du Seclem GGL Santé, société installée à Montpellier (Hérault).

Un système déjà opérationnel dans le nord de l'Europe

Clara Chaperon-Navarro a pris à bras-le-corps ce dossier dans le bureau du professeur Francis Navarro, chef du service de chirurgie digestive et spécialiste des greffes de foie. Qui est aussi son père. « L'hébergement temporaire non médicalisé permet de réduire la durée d'hospitalisation dans le respect de la RRAC (NDLR : récupération rapide après chirurgie), souligne ce dernier. Ce système est déjà opérationnel et pertinent dans les pays du nord de l'Europe, à condition que la sécurité du patient soit au centre de la conception même de l'établissement et de la formation du personnel. »

« L'Hôtel hospitalier c'est aussi un couteau suisse pour loger si nécessaire les soignants et les accompagnants », ajoute le professeur Francis Navarro conforté par le soutien du ministre de la Santé et de la Solidarité sur ce dossier. Olivier Véran avait lui-même débroussaillé puis porté ce projet comme député rapporteur de commission en 2015. Car l'hébergement des accompagnants est également une question centrale pratiquement irrésolue. Clara Chaperon-Navarro en sait quelque chose. Cette maman se remémore l'enfer pour trouver, il y a quelques années, un toit à Paris afin d'accompagner et de sauver son fils de 5 ans, Noé, atteint d'une tumeur au cerveau et longuement hospitalisé. Elle évoque un coûteux calvaire pour se loger en périphérie des grands hôpitaux parisiens.

Depuis trois ans, Clara Chaperon-Navarro fait le tour de France des directeurs de CHU pour qui il est impossible de financer eux-mêmes ces outils innovants qui participent de la chirurgie ambulatoire. Elle propose des solutions clé en main, conçues et construites par l'actionnaire GGL Aménagement (Guipponi-Guiraudon-Leygue), un poids lourd de l'aménagement foncier et de la promotion immobilière dans le sud de la France. Chaque projet fait l'objet d'investissements privés. Son expérience personnelle de maman accompagnante est un moteur supplémentaire pour construire le plus vite possible ces toits accueillants.