Gestes barrière contre le Covid-19 : «Aérer permet de limiter la charge virale dans les lieux clos»

A l’heure où de nouvelles villes passent en alerte maximale et où les autorités insistent sur le respect des gestes barrière, des médecins soulignent l’importance d’une bonne ventilation des pièces. Une mesure déjà préconisée par le gouvernement en Allemagne.

 Pour combattre le virus, l’aération des pièces fait désormais partie des préconisations officielles du gouvernement allemand.
Pour combattre le virus, l’aération des pièces fait désormais partie des préconisations officielles du gouvernement allemand. LP/Aurélie Audureau

Ils sont aujourd'hui sept. Se laver les mains, ne pas se toucher le visage, porter un masque, garder une distance d'un mètre, tousser dans son coude, jeter son mouchoir après usage et renoncer aux bises et autres accolades. Faut-il ajouter un petit dernier à la grande famille des gestes barrière, ceux qui sont entrés dans nos vies avec l'épidémie de Covid-19? Nos voisins d'Outre-Rhin ont tranché : pour combattre le virus, l'aération des pièces fait désormais partie des préconisations officielles du gouvernement allemand. « Seulement » recommandée en France, la grande ouverture des fenêtres est souvent oubliée et risque de l'être encore plus face au retour du froid et de cette pluie qui n'en finit pas de se déverser.

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« La ventilation ? Evidemment ! Ce n'est ni cher, ni contraignant, mais ça permet de limiter la charge virale à l'intérieur des lieux clos, répond du tac au tac l'épidémiologiste Dominique Costagliola. Je suis de toute façon pour le renforcement de tous les gestes au sens large, ce qui inclut le télétravail ou la limitation des contacts. C'est que ce qui aurait dû être fait dès cet été et nous aurait évité de courir aujourd'hui derrière le virus », tance cette spécialiste de santé publique.

Gestes barrière contre le Covid-19 : «Aérer permet de limiter la charge virale dans les lieux clos»

Car les chiffres qui ne cessent de grimper − plus de cas, d'admissions à l'hôpital, de positivité des tests − et la carte de France qui rougit de semaine en semaine grignotent son optimisme. Ce jeudi 8 octobre en fin de journée, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé que quatre nouvelles métropoles, Saint-Etienne, Lyon, Grenoble et Lille passaient dès samedi en alerte maximale.

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Le matin même, le patron de l'Agence régionale de santé annonçait le déclenchement du plan Blanc dans les hôpitaux d'Ile-de-France et disait s'attendre à « une marée très forte ». « Un plan Blanc, il faut comprendre ce que ça dit : qu'on ne pourra plus traiter, pendant un temps, certaines autres pathologies », insiste Dominique Costagliola.

Dans le service où il exerce au CHU de Grenoble (Isère), les « cas » que l'on énonce chaque soir ont un visage, un prénom, une famille et ils sont toujours plus nombreux : « Plus de 30 % de nos lits sont occupés par des patients Covid », souffle le professeur Jean-Paul Stahl, qui ne mâche pas ses mots : « Si on ne stoppe pas la dynamique, on vivra un désastre dans quinze jours. »

Faire «encore et encore» de la pédagogie

Pour lui, le coupable de la situation est tout trouvé : « Si les hôpitaux sont débordés, c'est qu'il y a eu une faille dans l'application des gestes barrière. Que des personnes ont eu un comportement léger qui a eu des conséquences sur d'autres », lance le médecin, « tout à fait pour » l'élargissement des mesures à l'aération des pièces. Mais il appelle aussi faire « encore et encore » de la pédagogie pour l'ensemble des gestes.

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« Il n'est pas barrière, mais l'autre élément à améliorer reste la politique des tests, les délais sont toujours trop longs, renchérit Dominique Costagliola. La conséquence : nous n'avons pas une vue sur l'épidémie à l'instant T, mais avec quasiment deux semaines de décalage. Cela joue sur les mesures sanitaires prises. Mais le virus, lui, n'attend pas. »