Endométriose : un nouvel outil en ligne pour une meilleure prise en charge des patientes

Grâce à cette plate-forme, les femmes atteintes de cette maladie invalidante, ou en attente d’un diagnostic, pourront avoir accès plus facilement à des professionnels de santé et à un suivi personnalisé.

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 L’endométriose touche une femme sur dix, soit 2 à 3 millions de personnes souffrant de cette maladie gynécologique chronique.
L’endométriose touche une femme sur dix, soit 2 à 3 millions de personnes souffrant de cette maladie gynécologique chronique. LP/Philippe de Poulpiquet

C'est une bonne nouvelle pour les 2 à 3 millions de victimes d'endométriose, cette maladie aux symptômes invalidants qui touche une femme sur dix. Une nouvelle plateforme, nommée EndoZiwig — créée par une entreprise lyonnaise et développée en collaboration étroite avec la société de chirurgie gynécologique et pelvienne (SCGP) — promet aux patientes déjà diagnostiquées ou en attente d'un diagnostic d'accéder plus rapidement à des professionnels de santé, puis à un suivi personnalisé, grâce à une technologie utilisant l'intelligence artificielle.

Il faut parfois 7 à 8 ans avant qu'un diagnostic soit posé, auquel il faut ajouter un délai d'attente pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste pouvant dépasser 8 mois. En cause : le manque de professionnels formés, combiné à un parcours de soins complexe qui nécessite l'expertise de plusieurs médecins.

Sur l'interface qui lui est consacrée, la patiente répond de manière autonome à un questionnaire détaillé, établi par des experts de l'endométriose. Elle peut également joindre des comptes rendus d'examen et d'imagerie médicale afin de se constituer un dossier. « Une fois ces informations collectées, l'intelligence artificielle donne une estimation de son risque et une orientation vers le professionnel de santé le plus adapté », détaille Gilles Doumer, le patron de l'entreprise française qui a développé la plate-forme.

«Prendre le temps d'écouter davantage les patientes»

« Cet outil va venir en aide aux femmes souffrant d'une errance de diagnostic ou d'un traitement qui ne leur est pas adapté », promet-il. En fonction du résultat, la plate-forme suggère une orientation : soit vers le gynécologue référent, ou un médecin généraliste, soit vers des spécialistes de l'endométriose et des centres spécialisés. « Pour le praticien, le gain de temps est phénoménal car la collecte de données a déjà été faite », atteste le docteur Philippe Descamps, gynécologue au CHU d'Angers, qui a participé au développement d'EndoZiwig.

VIDÉO. Endométriose : tout savoir sur ce mal qui touche 1 femme sur 10

La patiente renseigne tous ses antécédents sur un document que le spécialiste peut consulter facilement et à distance. « Un gros avantage, car les dossiers sont souvent compliqués », souligne Philippe Descamps. A la clé : « Une consultation beaucoup plus efficace puisque nous pouvons ainsi prendre le temps d'écouter davantage les patientes », développe le gynécologue Mathieu Poilblanc, également mis à contribution pour le développement de cet outil.

600 femmes ont déjà le système… et bientôt une appli

Pour la phase de tests, 600 femmes, dont des patientes du docteur Poilblanc, ont pu utiliser et juger la plate-forme pendant deux mois. L'un des gros points positifs de ce système ? « Eviter à certaines patientes de faire des kilomètres de route, parfois pour rien. La plupart arrivent exténuées dans le cabinet et sont parfois fatiguées de devoir détailler leur dossier à chaque nouvelle consultation. »

Les patientes souffrant d'endométriose peuvent également renseigner leur état de santé au jour le jour sur l'application qui sera bientôt disponible : intensité des douleurs, saignements, absences professionnelles ou scolaires, état mental… Et utiliser EndoZiwig pour contacter leurs médecins et ainsi préparer en amont une consultation.

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Au total, la plate-forme peut recueillir jusqu'à 550 données par patiente. L'entreprise assure que ces données sont sécurisées, en conformité avec le règlement général sur la protection des données (RGPD) de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).