Cyberattaque de l’hôpital de Villefranche : pas de retour à la normale avant 15 jours

« Ceux qui ont fait ça n’ont pas seulement attaqué un service informatique, ils ont mis en danger la vie de nos concitoyens », a pour sa part estimé le ministre de la Santé Olivier Véran

Il y a eu 27 cyberattaques d'hôpitaux en 2020 et depuis le début de l'année 2021, c'est une attaque par semaine. (Illustration)
Il y a eu 27 cyberattaques d'hôpitaux en 2020 et depuis le début de l'année 2021, c'est une attaque par semaine. (Illustration) LP/Fanny Delporte

Les hôpitaux se remettent difficilement des cyber-attaques dont ils ont été victimes. Un retour à la normale dans le système informatique du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône (Rhône), visé il y a une semaine par une cyberattaque, est attendu dans « minimum 15 jours voire plusieurs semaines », a indiqué lundi le secrétaire d’Etat à la transition numérique Cédric O. « Aujourd’hui la situation a été stabilisée. Nous avons cantonné le cyberattaquant (…) On reconstruit les systèmes d’information en rebranchant un à un l’ensemble des systèmes d’exploitations quotidiens », a-t-il indiqué lors d’une visite de l’Hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône - Gleizé, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon.

« On devrait voir la majorité des fonctions repartir dans les jours qui viennent. Au total, pour revenir à un fonctionnement normal, il faudra minimum quinze jours voire plusieurs semaines », a-t-il ajouté lors d’une visite dans l’établissement aux côtés du ministre de la Santé Olivier Véran. « Il y a eu 27 cyberattaques d’hôpitaux en 2020 et depuis le début de l’année 2021, c’est une attaque par semaine », a ajouté M. O, assurant que le gouvernement « allait faire en sorte que les 135 groupements hospitaliers les plus importants en France […] puissent augmenter leurs systèmes de défense ». Lundi, l’activité de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône était toujours très perturbée avec des employés qui fonctionnaient en « mode dégradé », c’est-à-dire au papier et au stylo, a précisé à l’AFP la direction de l’hôpital. Néanmoins les opérations d’urgence et de sous-urgence (ndlr : en blocs opératoires) étaient « toujours assurées ».

« Mis en danger la vie de nos concitoyens »

« Ceux qui ont fait ça n’ont pas seulement attaqué un service informatique, ils ont mis en danger la vie de nos concitoyens », a pour sa part estimé le ministre de la Santé, faisant part de son « écœurement » face à un tel geste et saluant « la réactivité » des personnels le jour de l’attaque. « Les responsables informatiques de l’hôpital en pleine nuit ont réussi à prendre les bonnes décisions pour pouvoir protéger les archives et éviter que le cybervirus ne se répande dans l’ensemble des structures hospitalières », a souligné M. Véran, rappelant que la cyber-sécurité était « l’affaire de tous ».

Lire Aussi > L’épidémie de coronavirus fragilise les hôpitaux face à la menace des hackers

Il a indiqué que l’Etat déploiera « très rapidement » 350 millions d’euros pour renforcer la protection informatique des groupes hospitaliers hexagonaux, une somme prise sur « l’enveloppe numérique » du Ségur de la Santé. Une enquête a été ouverte mardi par la section cybercriminalité du parquet de Paris après l’attaque par le crypto-virus Ryuk de l’Hôpital Nord-Ouest. Elle fait suite à attaque similaire contre l’hôpital de Dax (Landes), le 9 février dernier.