Covid : jusqu’à 30% de consultations en plus chez les généralistes

La rentrée est compliquée pour les médecins traitants, confrontés à un afflux de patients avec une suspicion de Covid ou des interrogations.

 Malades du Covid, cas contacts, patients qui n’arrivent pas à avoir de test ou qui ont besoin d’un arrêt de travail : les consultations liées au coronavirus engorgent les cabinets médicaux.
Malades du Covid, cas contacts, patients qui n’arrivent pas à avoir de test ou qui ont besoin d’un arrêt de travail : les consultations liées au coronavirus engorgent les cabinets médicaux. LP/ Guillaume Georges

Ses journées se terminent de plus en plus souvent à 21 heures. Et elles ont un goût d'inachevé : impossibilité d'ouvrir des créneaux de consultation supplémentaires, frustration d'avoir fait attendre des patients parfois plus d'une heure. « La rentrée est compliquée, on fonctionne déjà à flux tendu alors que nous sommes loin d'être dans la pire période, celle de la grippe et des gastros », lâche la docteure Delphine Secret-Pouliquen.

Dans son cabinet de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), la généraliste voit, en plus des consultations « classiques » de septembre, « les cas Covid, les cas suspects, les personnes qui ont besoin d'un arrêt, celles qui ont des symptômes mais n'arrivent pas à avoir accès aux tests, celles qui ne seraient habituellement pas venues pour un rhume mais qui, en cette période, jouent légitimement la prudence… » liste-t-elle.

«Parfois des journées à 40 rendez-vous»

Un constat partagé par nombre de ses confrères. A Outreau (Pas-de-Calais), le docteur Michaël Rochoy, a enregistré au mois de septembre jusqu'à 30 % de consultations en plus : « ça fait parfois des journées à 40 rendez-vous », détaille-t-il. Car aujourd'hui, les médecins traitants sont la première ligne invisible de l'épidémie. « Certains se focalisent sur les chiffres hospitaliers pour asséner qu'il n'y a pas ou peu de reprise, sans s'intéresser à ce qui se passe en ville. On est pourtant la première interface avec les patients », rappelle le docteur. Lui en est sûr, dans les mois qui viennent, « les médecins généralistes seront la clé de voûte » : vaccination contre la grippe, contre le Covid — si vaccin il y a — ou encore la « gestion à long terme des autres conséquences de l'épidémie, psychologiques, sociales… »

Amélioration des flux de dépistage, réouverture des centres spécial-Covid comme cet été, mais aussi clarification du discours, voilà ce qui aiderait la docteure Delphine Secret-Pouliquen. « Presque toutes mes consultations commencent par : mais alors, qu'est-ce qu'on doit en penser? rapporte-t-elle. Les messages envoyés ne sont pas clairs et la théorie du complot se développe de plus en plus. »