Covid-19 : Sanofi va aider à produire les vaccins Pfizer

Le laboratoire français vient d’annoncer un partenariat avec son concurrent américain pour conditionner en Allemagne à partir de juillet jusqu’à 100 millions de doses d’ici à la fin de l’année.

 L’entreprise Sanofi va aider les laboratoires Pfizer et BioNTech à produire leurs vaccins.
L’entreprise Sanofi va aider les laboratoires Pfizer et BioNTech à produire leurs vaccins. AFP/JOEL SAGET

Et l'heureux élu est Pfizer. Dans une interview au Figaro ce mardi soir, Paul Hudson, le directeur général de Sanofi, a annoncé qu'une partie de ses lignes de production serviront à l'élaboration du vaccin. « Nous allons utiliser notre usine de Francfort en Allemagne pour conditionner le produit qui nous sera fourni par Pfizer-BioNTech à partir du mois de juillet, détaille-t-il. Ce site de production étant situé à proximité du siège de BioNTech, cela permettra de faciliter les choses. »

Le directeur général table sur une production « de plus de 100 millions de doses d'ici à la fin de l'année, qui seront destinées à l'Union européenne, et donc en partie à la France », tout en continuant à travailler sur ses propres vaccins.

Ce n'était pas un secret que le gouvernement exerçait depuis quelques semaines une réelle pression sur le champion français. Plus exactement, depuis que ce dernier avait annoncé le 11 décembre que son vaccin, conçu en collaboration avec le britannique GSK, n'était pas efficace chez les personnes âgées. Cocoricouac… le vaccin made in France ne serait pas disponible avant 2022. Sale temps pour la recherche au pays de Pasteur, déploraient déjà certains, d'autant que Sanofi annonçait quelque temps plus tard la suppression de 400 postes en recherche et développement.

«Un vaccin, ce n'est pas comme produire un respirateur»

Depuis, les rumeurs allaient bon train : faute d'avoir mis au point son sérum, Sanofi pourrait tout à fait servir de sous-traitant pour un concurrent en participant à la production d'un vaccin anti-Covid déjà en cours de commercialisation. En attendant que le sien soit prêt… Si, sur le papier, l'opération pouvait avoir une certaine logique - l'objectif premier étant de produire plus vite davantage de vaccins - Sanofi laissait entendre en coulisses que ce n'était pas aussi facile que ça.

« Un vaccin, ce n'est pas comme produire un respirateur », explique un technicien du groupe, faisant référence à la collaboration mise en place au printemps 2020 entre Air Liquide, Valeo et PSA pour fabriquer 10 000 respirateurs destinés aux services de réanimation. Les vaccins Covid s'appuient en effet sur une dizaine de technologies différentes, pas forcément compatibles avec tous les sites de production. Sans parler de problèmes de confidentialité des brevets entre concurrents.

Mais sous la pression des pouvoirs publics, le calendrier s'est finalement accéléré. « Excellente nouvelle, se félicitait-on ce mardi soir au cabinet d'Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l'Industrie, qui attendait cette annonce depuis plusieurs jours. Tout ça va dans le sens de la montée en puissance des capacités de production. »

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En revanche, pas de chiffrage à ce stade des doses supplémentaires que cela représentera pour la France.