Covid-19 : reconfinement, bulle sociale... en dehors du couvre-feu, quelles autres mesures faut-il envisager ?

Emmanuel Macron va s’exprimer mercredi soir et annoncer un nouveau tour de vis face au virus qui ne cesse de se propager. Le couvre-feu sera envisagé mais d’autres mesures, que d’autres pays ont déjà adoptées, sont possibles. Revue de détails…

 Privilégier le télétravail est l’une des mesures à recommander pour freiner la pandémie de Covid-19.
Privilégier le télétravail est l’une des mesures à recommander pour freiner la pandémie de Covid-19. LP/Arnaud Dumontier

Le couvre-feu n'est pas la seule option contre la pandémie de Covid-19. D'autres stratégies sont possibles, certaines sont déjà appliquées dans d'autres pays.

Le reconfinement ou presque. Le gouvernement espagnol l'a décidé, l'état d'urgence est à nouveau décrété à Madrid et quarante autres villes, une mesure jamais vue en Europe depuis le déconfinement. Plus de 5 millions d'habitants sont désormais priés de rester non pas chez eux, mais dans leur commune. Ils ne peuvent en sortir, sauf cas de force majeure et certificat à l'appui, que pour travailler ou être soigné. Les amendes allant jusqu'à 15 000 euros ont de quoi dissuader les désobéissants. Dans la région madrilène, 38% des lits de réanimation sont occupés par des patients du Covid contre 42% en Ile-de-France. Faut-il imaginer un même scénario chez nous? L'exécutif semble écarter cette piste. D'ailleurs, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat en charge du Tourisme, a invité les Français à réserver leurs vacances de la Toussaint, qui débutent ce vendredi soir.

Le travail, c'est à la maison. « Certes, des foyers épidémiques émergent des bars et des soirées privées, mais les premiers lieux où ils se forment, c'est l'entreprise », rappelle Anne Sénéquier, codirectrice de l'observatoire de la santé mondiale à l'Institut de relations internationales (Iris). 25% des clusters y surviennent contre 17% pour les événements privés. Sa solution, privilégier le plus possible le télétravail ou les horaires décalés, absentes de notre culture, contrairement au nord de l'Europe. Et pourtant, cette mesure permet de mieux répartir la foule dans les transports en commun. « C'est bien beau de demander aux restaurants de faire des efforts mais les entreprises doivent en faire autant, insiste la chercheuse. Le problème est l'absence de confiance, on croit encore qu'un salarié en télétravail passe sa journée devant Netflix. »

A l’occasion de la sortie de son 23e album, Philippe Geluck, le père du Chat, illustre le Parisien - Aujourd’hui en France du mercredi 14 octobre./Philippe Geluck
A l’occasion de la sortie de son 23e album, Philippe Geluck, le père du Chat, illustre le Parisien - Aujourd’hui en France du mercredi 14 octobre./Philippe Geluck  

Une bulle sociale. Réduire le nombre de contacts, c'est ce qu'a fait la Belgique, pays fortement endeuillé par le Covid. Ainsi chaque habitant, en dehors de son foyer, a le droit de voir, sans masque, ni distance de sécurité, trois personnes maximum. En France, Martin Hirsch, le patron des hôpitaux de Paris, appelle à réduire de 20% ses interactions sociales. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a également lancé une bouteille à la mer. Va-t-il durcir la mesure, en imposant un nombre limité?

Covid-19 : reconfinement, bulle sociale... en dehors du couvre-feu, quelles autres mesures faut-il envisager ?

Fini les visites en Ehpad? Ce mardi, un conseil de vie sociale s'est tenu dans une maison de retraite à Loos, dans le Nord. Emmanuel Macron qui va s'exprimer ce mercredi, à la télévision, doit-il à nouveau refermer les Ehpad? A cette question, les résidents ont voté non, « sauf s'il le faut vraiment et que cela ne dure que quinze jours », rapporte la directrice, Séverine Laboue. Eux préfèrent garder clairement le système de visite sur rendez-vous et ils ont même négocié un peu de temps en plus sur les soixante minutes accordées pour les visiteurs venus de loin. « Il est bien plus délétère de les priver de leurs proches, rappelle Martin Blachier, médecin de santé publique. Ce débat est clos ».

VIDÉO. Martin Hirsch : « 90 % » des lits de réanimation occupés par des cas de Covid « d'ici fin octobre »

La confiance plus que la répression. Et si, au lieu d'interdire, on tentait de renouer avec la confiance? « La Nouvelle-Zélande ou Taïwan sont plus dans l'explication, la coopération, que la France », relève la docteure Anne Sénéquier. Même constat pour l'infectiologue Dominique Salmon. Selon elle, il faut sensibiliser les ados et les étudiants avec plus de pédagogie et leur montrer le risque. « Pourquoi pas faire témoigner des jeunes sur leur expérience de la maladie, propose-t-elle, leur passage en réa, leurs séquelles ou même la mort de leurs proches? »