Covid-19 : pas de symptômes plus sévères avec le variant anglais, selon une nouvelle étude

Les travaux de chercheurs britanniques tendent à prouver que le clone anglais serait bien plus contagieux, mais pas plus dangereux que la souche originelle.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Avec le variant anglais, le taux d’hospitalisation ne serait pas différent de celui observé avec le virus initial.
Avec le variant anglais, le taux d’hospitalisation ne serait pas différent de celui observé avec le virus initial.  LP/Arnaud Journois

Il y a dix jours, le Premier ministre britannique Boris Johnson a soulevé un vent de panique dans le monde entier en déclarant que le nouveau variant anglais du coronavirus « pouvait être lié à un degré plus élevé de mortalité ».

Une nouvelle étude réalisée par plusieurs équipes de chercheurs prestigieux du King's College de Londres associés à des scientifiques du Massachusetts General Hospital et de la Harvard Medical School (Boston), dans un article publié vendredi sur le site spécialisé MedRxiv, se veut, elle, plutôt rassurante. Elle indique que si effectivement, ce nouveau variant est plus contagieux, pour le reste, les symptômes ou le taux d'hospitalisation ne seraient pas différents de ceux observés avec le virus initial.

Les premiers cas du nouveau variant seraient apparus dès septembre dans le sud-est de l'Angleterre pour s'étendre ensuite rapidement. Sa contagiosité s'est vite avérée plus importante. Mais, les symptômes, l'évolution de la maladie, le risque de réinfection chez des personnes qui ont déjà été contaminés, sont-ils similaires, avec cette souche de virus qu'avec le virus initial? Certaines données ont suggéré que ce virus muté augmentait la mortalité. Mais beaucoup d'incertitudes demeuraient.

Pour pallier le manque de données, l'équipe de chercheurs internationaux a croisé plusieurs banques de données. En analysant les symptômes de 36 920 utilisateurs de l'application Covid Symptom Study testés positifs entre le 28 septembre et le 27 décembre, en croisant ces symptômes avec la proportion régionale de patients atteints par les virus mutés, les enquêteurs ont abouti à des conclusions plutôt rassurantes.

Le pourcentage de patients asymptomatiques n'aurait pas changé non plus

« Nous n'avons trouvé aucune preuve de changement, dans les symptômes rapportés et dans la gravité et la durée de la maladie avec ce nouveau variant », écrivent-ils. Les personnes ayant déjà été contaminées par le virus classique ont-elles plus de risque de l'être une seconde fois avec ce variant ? « Nous avons trouvé un taux de réinfection probable d'environ 0,7 %, ajoutent-ils, mais pas de preuve que ce taux soit plus élevé par rapport aux souches plus anciennes. »

De même, avec le virus muté, il n'y a pas un nombre de symptômes différents ou une proportion plus élevée de patients avec un « Covid longue durée ». Le pourcentage de patients asymptomatiques n'aurait pas changé non plus. Ce travail confirme cependant la plus grande contagiosité.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

« Cette enquête est intéressante et sérieuse, assure un expert en épidémiologie et en santé publique. Elle doit être confirmée par des études de cohortes » Pour Anne-Claude Crémieux, professeur de maladies infectieuses à hôpital Saint-Louis, à Paris : « Il faut d'autres études pour confirmer ces données qui restent préliminaires. Des travaux antérieurs ne vont pas dans le même sens. »