Covid-19 : le volume total de coronavirus circulant sur la Terre tiendrait dans... une canette de soda

Selon une étude farfelue menée par un néanmoins très sérieux scientifique britannique, le volume de Covid-19 existant sur la planète n’excéderait pas 120 ml.

Tous les Covid-19 du monde tiendraient dans 160 ml, soit moins de la moitié d'une canette.
Tous les Covid-19 du monde tiendraient dans 160 ml, soit moins de la moitié d'une canette. Pixabay/Daniel Roberts

Ouvrir une canette de soda et répandre sur le monde un virus dont personne ne sait se défaire. Si l’image surprend, l’étude de Christian Yates, maître de conférences en biomathématiques à l’université de Bath, au Royaume-Uni, la rend plausible : le volume total de coronavirus SARS-CoV-2 présent dans le monde n’excéderait pas, selon lui, 120 ml. C’est moins de la moitié (330 ml) qu’une canette de soda classique.

Aussi surréaliste soit-elle, cette étude, vulgarisée par son auteur dans le média en ligne The Conversation, tente de calculer le volume du Covid-19 sur la base de données concrètes… mais aussi d’estimations. Christian Yates le reconnaît en préambule, son travail, « largement perfectible », est « une approximation s’appuyant sur les hypothèses les plus ’raisonnables’».

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Toutefois, il en est sûr, même la prise en compte des données chiffrées les plus hautes permettrait d’arriver à un volume dans ces mêmes proportions. « Quand bien même nous baserions nos calculs sur la valeur la plus haute estimée pour le diamètre d’une particule virale, remarque-t-il, tous les SARS-CoV-2 de la planète ne suffiraient toujours pas à remplir une canette de soda ! »

Des approximations assumées, une rigueur scientifique intacte

Pour mener à bien son étude, Christian Yates a commencé par estimer le nombre de particules de SARS-CoV-2 présentes sur la planète. Il est parti pour cela du nombre d’humains infectés : 3 millions par jour, en prenant en compte le nombre - estimé lui aussi - de cas asymptomatiques, selon les chiffres de l’Institut pour les données et évaluations de santé, basé à Seattle aux Etats-Unis.

Entre alors en compte la valeur de la charge virale, fluctuant au cours de la maladie, avec un pic situé aux alentours du sixième jour. Les charges virales au moment de ce pic vont de 1 milliard à 100 milliards de particules, selon une étude menée sur des singes, adaptée ensuite à l’espèce humaine. « A tout moment, il y a environ deux cent quadrillons (deux cent millions de milliards) de particules virales dans le monde », conclut Christian Yates.

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« Ce nombre semble très grand. Et il l’est, poursuit le scientifique. Il correspond plus ou moins au nombre de grains de sable présents sur notre planète ». Mais c’est sans compter sur la taille minuscule des particules de SARS-CoV-2 : un diamètre moyen de 100 nanomètres (NDLR, un nanomètre étant un milliardième de mètre). « Si l’on suppose qu’une particule de SARS-CoV-2 a un rayon de 50 nm, le volume d’une particule virale est de 523 000 nanomètres3 », illustre Christian Yates sur la fin de sa démonstration.

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« En multipliant ce minuscule volume par le très grand nombre de particules que nous avons calculé plus haut, et en convertissant le résultat en une unité de volumes plus évocatrice, telle que le millilitre, nous obtenons 120 ml », conclut-il avec une apparente facilité. Cette nouvelle fera peut-être pschitt, mais l’image de la canette de soda rend à elle seule la situation sanitaire un peu plus étourdissante encore.