Covid-19 : le micmac des cas contacts

Les règles à respecter quand on est considéré comme une personne à risque ne sont pas toujours bien comprises. Des médecins plaident pour plus de pédagogie, alors que le dispositif évolue de nouveau.

 Est-on un cas contact si on est resté près d’une personne infectée mais en extérieur, où la transmission est moins probable ? Pas si simple... (Illustration)
Est-on un cas contact si on est resté près d’une personne infectée mais en extérieur, où la transmission est moins probable ? Pas si simple... (Illustration) LP/Delphine Goldsztejn

Qui doit se faire dépister et quand? Et si je suis négatif, je ne risque plus de transmettre le virus? Combien de temps dois-je m'isoler? Alors que l'épidémie progresse, de plus en plus de Français sont ou vont être confrontés à ces questions. Et pour avoir une chance de s'y retrouver, il faut s'accrocher. « Ce qui serait bien, c'est que les autorités soient plus claires, on manque d'explications », souffle Marie, 23 ans, qui s'est mise en quarantaine après avoir appris que son voisin de table à un mariage avait le Covid-19.

D'autant que les règles viennent à nouveau de changer depuis que le Premier ministre a annoncé, vendredi, la réduction de la période d'isolement à sept jours. « Les gens sont paumés », nous confirme un médecin. « Il y a un flou artistique complet », regrette l'infectiologue Benjamin Davido. L'épidémiologiste Martin Blachier, lui, a même envoyé une note au ministère de la Santé, réclamant plus de pédagogie. Car si vous êtes bien un « cas contact », il y a des règles à suivre pour limiter les risques de propagation. Encore faut-il savoir de quoi on parle.

Un cas contact, c'est quoi ?

Peu importe la durée, si vous échangez à moins d'un mètre, avec une personne positive, sans porter de masque, vous êtes considéré comme cas contact, c'est-à-dire potentiellement à risque. « D'ailleurs, lorsque l'assurance maladie vous appelle, la première question qu'elle vous pose, c'est : En portiez-vous un? », explique Martin Blachier.

Autre risque, dans un espace fermé où des petites particules du virus peuvent être en suspension dans l'air. « On peut considérer que si vous êtes resté dans une grande pièce pendant au moins une heure avec un malade, vous êtes cas contact. » Prenons quelques exemples. Si une personne a dansé à un mariage où se trouvait une personne positive à l'autre bout de la pièce? « Cas contact, sans hésiter », répond Martin Blachier.

Et si on se retrouve à une soirée, passant régulièrement de la terrasse à l'intérieur, sans porter de masque tout le temps? « Pareil. » Et dans un square, si on croise un parent qui a le Covid? « Là, vous n'êtes pas à risque », reprend l'épidémiologiste. « Comme les brigades de l'assurance maladie sont débordées, il faudrait qu'en cas de doute, chacun puisse répondre à un questionnaire en ligne, cela permettrait ne pas s'isoler pour rien », suggère-t-il.

Pourquoi attendre 7 jours avant de se faire dépister ?

La règle est simple : vous avez côtoyé une personne positive, vous devez vous isoler et faire un test, 5 à 7 jours plus tard, ce qui correspond au délai d'incubation. Si vous êtes infecté, vous serez contagieux à partir du 3e jour en moyenne, avant l'apparition d'éventuels symptômes dans les 7 jours.

Covid-19 : le micmac des cas contacts

« Ne faites surtout pas comme le Premier ministre qui s'est fait dépister tout de suite », s'exclame l'infectiologue Benjamin Davido. Le virus est alors indétectable. Et si avant d'apprendre qu'on est à risque, on a vu des amis, de la famille? Ces personnes deviennent-elles à l'heure tour des cas contacts? « Non », poursuit l'infectiologue mais elles devront rester prudentes, bien porter le masque, ne pas voir les plus fragiles.

Qu'est-ce qui change ?

Jusqu'à présent, même si le test était négatif, un cas contact devait limiter au maximum ses sorties sept jours après les résultats. Désormais, si vous n'avez pas le Covid, l'isolement est terminé ! Si votre dépistage est, au contraire, positif, vous devez rester chez vous une semaine de plus, contre deux auparavant.

En cas de température au 7e jour, il faut 48 heures supplémentaires après la disparition de la fièvre pour sortir de l'isolement, prévient le ministère de la Santé. « Les autorités devraient envoyer des SMS personnalisés en fonction de la situation : Vous êtes cas contact… Vous vivez sous le même toit qu'une personne contaminée … Quelque chose de cet ordre, avance Benjamin Davido. Pour limiter les infections, il faut lever la confusion, expliquer comme on l'a fait avec le masque. »

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