Covid-19 : le centre hospitalier d’Orléans contraint de transférer des patients vers Tours et Blois

Le Centre hospitalier régional d’Orléans (Loiret), avec ce jeudi 128 personnes atteintes du covid-19 accueillies, a déjà dû déprogrammer plus d’un tiers des opérations chirurgicales programmées.

 Le Centre hospitalier régional d’Orléans (Loiret) compte ce jeudi 128 personnes atteintes du covid-19, dont 34 en réanimation médicale, contre 76 patients dont 32 en réanimation le 2 novembre dernier.
Le Centre hospitalier régional d’Orléans (Loiret) compte ce jeudi 128 personnes atteintes du covid-19, dont 34 en réanimation médicale, contre 76 patients dont 32 en réanimation le 2 novembre dernier.  Anne Oger/Radio France/Maxppp

Le Centre hospitalier régional d'Orléans (Loiret), qui compte ce jeudi 128 personnes atteintes du covid-19, dont 34 en réanimation médicale, est sous tension. Une trentaine de lits supplémentaires devraient être ouverts sur tout l'hôpital dans les jours qui viennent pour accueillir des malades du covid-19. Le CHRO avait déjà pris en fin de semaine dernière la décision de transférer quatre patients du service de réanimation vers le CHU de Tours et en début de semaine trois de médecine, issus des urgences, vers l'hôpital de Blois.

La vague continue donc de monter. A titre de comparaison, l'établissement comptait 76 patients atteints du covid-19, dont 32 en réanimation, le 2 novembre dernier.

Soigner tout le monde avec les mêmes chances

« Les modélisations nous font penser que le pic d'hospitalisations approche. Soit il est en ce moment, soit il arrivera début décembre, pour les plus pessimistes », précise le Dr Grégoire Muller, chef de service par intérim de médecine intensive et réanimation, au Centre Hospitalier Régional d'Orléans. « Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le pic des hospitalisations en réanimation est souvent décalé d'une dizaine de jours car la situation des patients s'aggrave au cours de leur hospitalisation », dit-il.

Le CHR continue de s'adapter à la progression de l'épidémie. Environ 35 % à 40 % des opérations chirurgicales ont déjà été déprogrammées. Les cliniques d'Orléans font de même afin de mettre à disposition des personnels. « Les équipes sont très sollicitées. Un patient atteint du covid-19 n'est pas plus prioritaire qu'un autre atteint d'un cancer. On se doit de soigner tout le monde avec les mêmes chances. »

Le Dr Grégoire Muller souligne que certaines interventions, jugées moins urgentes, le sont pourtant. « Pour une femme victime d'une mastectomie à cause d'un cancer du sein, le fait d'avoir une reconstruction mammaire pour retrouver un physique qu'elle avait auparavant est une urgence. Bien sûr que cela peut attendre, mais à force d'attendre, ça devient très dur psychologiquement. Même chose pour les ponctions d'ovocytes qui permettent les procréations médicalement assistées : on peut estimer qu'il n'y a pas d'urgence, mais pour ces couples qui attendent une PMA, et risquent de dépasser l'âge limite, c'est un poids incommensurable », analyse le docteur Muller qui rappelle que, fort des enseignements de la première vague, l'hôpital maintient une très grosse activité non-covid.