Covid-19 : l’Ile-de-France en route vers le reconfinement ?

Nombre de cas de Covid en hausse, hôpitaux sous tension… La région capitale retient son souffle dans l’attente de nouveaux arbitrages.

 Le ratio du nombre de cas positifs en une semaine pour 100 000 habitants bat des records : 154 pour l’Ile-de-France contre 104 en France, 252 sur Paris. (Illustration)
Le ratio du nombre de cas positifs en une semaine pour 100 000 habitants bat des records : 154 pour l’Ile-de-France contre 104 en France, 252 sur Paris. (Illustration) LP/Guillaume Georges

Paris, Marseille, même destin? A l'Hôtel de Ville de Paris, on s'attend à tout moment à de nouvelles mesures de restrictions et des fermetures d'établissements à l'image de ce qui a été mis en application dans la cité phocéenne il y a quelques jours et alors même que depuis lundi soir, les bars sont tenus de baisser leur rideau dès 22 heures.

Rouge foncé, rouge écarlate… Peu importe le nuancier finalement, puisque ce qui est sûr, c'est que l'Ile-de-France a dépassé le stade de vigilance, et de loin. Plus de 2000 personnes malades du Covid sont hospitalisées en Ile-de-France à ce jour, dont près de 350 en réanimation. Cela représente plus de 30 % des lits de réanimation de la région, précise-t-on à l'agence régionale de santé (ARS). « Cela n'arrive jamais qu'une seule et même maladie occupe un tiers des lits de réanimation, c'est anormal », insiste une source sanitaire.

Covid-19 : l’Ile-de-France en route vers le reconfinement ?

L'incidence, comme on nomme le ratio du nombre de cas positifs en une semaine pour 100 000 habitants, bat des records : 154 pour l'Ile-de-France contre 104 en France, 252 sur Paris. Les 60-69 ans particulièrement à risque pour les formes les plus graves de la maladie ne sont pas épargnés (132 cas positifs sur 100 000 habitants à Paris, 121 en Seine-Saint-Denis, 119 dans les Hauts-de-Seine, 116 dans le Val-d'Oise…)

« Il y a moins de malades qu'en mars, mais la maladie n'est pas moins grave », insiste le Dr Lionel Lamhaut, responsable de la réanimation adulte à l'hôpital Necker. Des déprogrammations d'opération sont envisagées pour accueillir des malades du Covid, dont tout laisse penser que leur nombre va augmenter. S'agira-t-il d'un nouveau tsunami comme en mars? Nul ne le sait mais l'optimisme n'est pas de mise.

La question est plutôt de savoir quand des mesures encore plus restrictives seront ordonnées. C'est la préfecture de police qui a la main. « Les voyants sont au rouge », constate-t-on du côté de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). « Je suis très inquiète pour la suite. On se dirige tout droit vers de nouvelles restrictions et des périodes de reconfinement », redoute Anne Souyris, adjointe (EELV) d'Anne Hidalgo chargée de la santé.

Aux yeux de l'élue, c'est actuellement dans les établissements scolaires qu'il y aurait urgence à prendre des mesures. « Dans nos conservatoires, nous avons dédoublé les cours de danse pour limiter le nombre d'élèves quand la salle est trop petite. Je ne comprends pas que dans les écoles, il n'y ait pas de réflexion sur les dédoublements de classe ni de mesures pour éviter que les professeurs déjeunent tous ensemble dans des salles confinées. Quant aux cours magistraux dans les facs, ils pourraient très bien avoir lieu par téléconférence », insiste l'élue écologiste.

En attendant, un nouveau protocole est en cours d'élaboration pour permettre à la Nuit blanche de samedi prochain d'être maintenue dans de bonnes conditions sanitaires. L'idée d'un reconfinement « de l'Avent pour sauver Noël », développée par deux prix Nobel de l'économie dans une tribune publiée par « le Monde », a profondément marqué les esprits.