Covid-19 : face aux variants, les écoles de Moselle retiennent leur souffle

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est rendu dans le département ce vendredi. Des mesures locales pourraient être annoncées.

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Depuis quelques jours, François Braun tourne la question dans tous les sens. « Mais qu'est-ce qu'ils font bien là? », se demande le patron du Samu-Urgences de France, qui est aussi urgentiste à l'hôpital de Metz, préfecture de la Moselle, territoire au cœur de l'épidémie en France. En clair, pourquoi les variants brésilien et sud-africain sont-ils venus se nicher dans ce département de l'Est, lové entre le Luxembourg et l'Allemagne? « A part cette explication des frontières, je ne vois aucune raison rationnelle à leur propagation rapide, reprend François Braun. Chaque jour, 150 000 Mosellans traversent vers le Luxembourg, qui a beaucoup d'échanges européens. C'est une piste, mais j'ignore si ça forme un tout. »

Trouver l'origine est pourtant essentiel pour essayer de stopper ces mutants qui font frémir le département, avec désormais 100 nouveaux cas répertoriés par jour, bien plus que sur l'ensemble de l'Hexagone. « Nous voulons protéger la population de Moselle », a affirmé ce vendredi le ministre de la Santé, venu en urgence évaluer la situation. La veille, il l'avait qualifiée d' « inquiétante ».

Déjà, le dépistage va y être intensifié et tous les cas positifs seront « suspectés d'être un variant », a dit Olivier Véran, annonçant un contact-tracing renforcé. Surtout, 2 000 doses de vaccins supplémentaires vont être livrées pour accélérer l'immunisation de la population ce week-end. Quid d'un confinement territorial comme le demandent des élus locaux ? D'un couvre-feu avancé le week-end ? « En concertation », a répondu le ministre.

« Anticiper les vacances scolaires en les commençant plus tôt ne serait pas idiot, car les variants se diffusent chez les jeunes », note le Dr Braun. Une hypothèse sur laquelle vont débattre Olivier Véran et Jean-Michel Blanquer, son homologue à l'Education. « Je vais rentrer à Paris et notamment discuter de la situation des écoles avec […] Jean-Michel Blanquer », a déclaré Olivier Véran avant de quitter la Moselle.

Reste que celui-ci était, ce vendredi soir, occupé à défendre le volet éducation de la loi sur le séparatisme. Rue de Grenelle, où la fermeture des écoles n'a jamais été le plan A, on rappelle que « la décision finale est prise en interministérielle ». Un « protocole sanitaire renforcé a été mis en place en début de semaine, qui inclut le port du masque de catégorie 1 pour tous et la fermeture d'une classe en cas de détection d'un variant », rappelle l'entourage de Blanquer.

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Et de s'interroger sur la pertinence d'une fermeture des établissements scolaires sans mesure complémentaire : « L'école reste un lieu où l'on respecte les gestes barrière, un lieu de contrôle de la pandémie. Si on ferme, il faut s'assurer que les enfants sont confinés, pas en train de s'égayer. » Ceci étant, le ministère de l'Education l'assure : s'il y a une « flambée épidémique » et qu'il faut fermer toutes les classes, « on le fera ».

«Qu'on arrête de brinquebaler les élèves»

Une incertitude qui agace chez les profs. Bruno Henry, enseignant dans un lycée et secrétaire du Snes-FSU dans l'académie de Nancy-Metz, syndicat majoritaire chez les enseignants du second degré, le martèle : « J'aurais aimé savoir si je devais dire à mes élèves, en les quittant ce vendredi soir : à lundi ou bonnes vacances ».

S'il explique qu'une fermeture des écoles ne serait pas contestée car « la santé prime », le flou ambiant est regrettable. « On aimerait que les décideurs anticipent, qu'on sache au moins si l'on part pour du distanciel ou des congés secs, râle encore Bruno Henry. Qu'on arrête de brinquebaler les élèves ! »