Covid-19 en Europe : ces pays qui font le choix d’alléger leurs restrictions

Alors que les discussions se poursuivent en France sur une possible réouverture des musées, en dépit de l’incertitude sanitaire, certains de nos voisins européens ont déjà levé partiellement les restrictions. Tour d’horizon.

A Bruxelles, un hôtel a décidé de transformer ses chambres en salles de restauration afin de permettre aux amoureux de la Saint Valentin de dîner en toute sécurité.
A Bruxelles, un hôtel a décidé de transformer ses chambres en salles de restauration afin de permettre aux amoureux de la Saint Valentin de dîner en toute sécurité. REUTERS/JOHANNA GERON

Le gouvernement français fait-il face à un répit avant un rebond épidémique ? Le haut plateau observé depuis plusieurs semaines est-il amené à durer ? Autant de questions qui pèsent sur les choix de l’exécutif et les éventuelles décisions à venir. A ce stade, les hypothèses d’allègement sont rares. Une détente pourrait éventuellement être envisagée sur la réouverture des musées. Les discussions se poursuivent à ce sujet, mais le statu quo se prolonge. Le juge administratif n’hésite d’ailleurs pas à freiner les ardeurs des élus locaux, comme ce fut le cas ce lundi encore pour la mairie de Perpignan, désavouée après avoir rouvert quatre établissements.

Ailleurs en Europe, la situation est actuellement très variable d’un pays à l’autre. Certains de nos voisins durcissent les restrictions, comme l’Allemagne. Mais d’autres ont choisi de relâcher quelque peu la pression.

Les Polonais profitent du ski et de la mer Baltique

À la faveur d’une légère embellie sanitaire, mais aussi d’une certaine pression du secteur du tourisme, la Pologne a décidé le week-end dernier de permettre la pratique du sport en extérieur, à commencer par le ski. Ils étaient nombreux ces derniers jours à emprunter les remontées mécaniques avant de dévaler les pentes enneigées. L’allègement des restrictions, en vigueur jusqu’au 26 février, permet aux hôtels, musées, cinémas, théâtres et piscines d’ouvrir avec une demi-jauge.

A Zakopane, les autorités ont été agacées le week-end dernier par le comportement des touristes, pas vraiment respectueux des mesures de distanciation sociale.
A Zakopane, les autorités ont été agacées le week-end dernier par le comportement des touristes, pas vraiment respectueux des mesures de distanciation sociale.  Agencja Gazeta via REUTERS/MAREK PODMOKLY

Si les autorités ont ainsi voulu répondre aux très fortes inquiétudes des secteurs concernés, elles veulent rester vigilantes quant aux conséquences sanitaires. Ainsi, dans le sud montagneux du pays, le maire de Zakopane, Leszek Dorula a averti dimanche que les hôtels « pourraient fermer à nouveau ». Il dit avoir constaté que de nombreux skieurs ne respectaient pas suffisamment le port du masque et la distanciation sociale dans les stations de ski de la chaîne des Tatras. La police locale a de son côté indiqué avoir dû intervenir à de nombreuses reprises, de trop nombreux vacanciers alcoolisés ayant décidé de descendre dans les rues pour danser et chanter à tue-tête… Sans masque.

En Islande, retour à la quasi-normale

La libération est arrivée la semaine dernière dans la grande île nordique. Voilà trois semaines que le pays faisait exception dans cette région du monde, en étant le seul classé « vert » sur la carte du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Une couleur censée permettre aux Islandais de se rendre potentiellement dans d’autres pays européens sans avoir à présenter un test PCR négatif. Depuis la mi-novembre, les autorités ont relâché progressivement les restrictions, en quatre étapes successives, à mesure que les chiffres traduisaient de bons résultats sur le plan sanitaire. Au point que les bars, piscines et salles de sport ont rouvert, pour le plus grand plaisir des habitants. Les autorités concentrent désormais tous leurs efforts sur les contrôles aux frontières afin d’éviter une nouvelle dégradation épidémique.

Les Belges peuvent retourner chez le coiffeur

D’autres en Europe ont moins de chance que les Islandais. La Belgique, depuis le début de la crise sanitaire, fait partie des pays les plus endeuillés si l’on rapporte le nombre de décès à la population. Le 11 février dernier, le gouvernement wallon a décidé de prolonger le couvre-feu imposé depuis le mois d’octobre entre 22 heures et 6 heures du matin. La restriction est prévue pour être maintenue au minimum jusqu’au 1er mars prochain. Pour ce qui est de la Flandre, le couvre-feu s’étend entre minuit et 5 heures du matin.

Un tout petit allègement a toutefois été décidé le 13 février dernier. Pour la première fois depuis de longues semaines, les Belges peuvent de nouveau se rendre chez le coiffeur. Il s’agit là du « seul métier de contact » actuellement autorisé chez nos voisins, dans le respect d’un strict protocole sanitaire. Les coiffures à domicile demeurent prohibées pour au moins deux semaines.

Musées et commerces rouvrent en Autriche

À Vienne, depuis le début du mois de février, les habitants doivent être en mesure de fournir un test négatif pour aller chez le coiffeur. Mais les autorités ont décidé d’alléger les fortes restrictions imposées le 26 décembre dernier, en dépit d’une situation sanitaire pas vraiment rassurante. Ainsi, le gouvernement a décidé de permettre la réouverture des musées, des commerces, des zoos ainsi que la reprise des cours à l’école en présentiel deux jours par semaine. Un bilan devait être effectué ce lundi 15 février pour évaluer la situation sanitaire et éventuellement resserrer la vis.

Des restaurants ouverts en Italie

De l’autre côté des Alpes, la situation est très variable d’une région italienne à l’autre. Si le couvre-feu demeure bel et bien la règle sur l’ensemble du territoire, entre 22 heures et 5 heures du matin, les régions les moins durement touchées par le virus ont pu rouvrir les bars et les restaurants le 1er février dernier. Avant cette date, seule la vente à emporter était autorisée. Désormais, les établissements ont le droit d’accueillir des clients jusqu’à 18 heures. Pas question de faire durer l’apéro. S’ils souhaitent rester ouverts, les établissements ne peuvent ensuite proposer que de la vente à emporter.

Les Italiens espéraient d’ailleurs obtenir un nouvel allègement lundi 15 février avec le retour attendu sur les pistes de ski. Mais au dernier moment, le gouvernement a finalement préféré rebrousser chemin, en bloquant la réouverture des remontées mécaniques. Cette décision, la première du nouveau gouvernement formé par Mario Draghi, est justifiée par la crainte des nouveaux variants. Elle a surtout fait énormément de bruit, étant critiquée jusqu’au sein de l’alliance composant la majorité.