Covid-19 : dans la gorge, dans le nez... à Saint-Etienne, les collégiens ont été testés deux fois !

La campagne de dépistage du Covid-19 a été lancée ce lundi par le ministère de l’Education nationale dans les établissements scolaires. A Saint-Etienne, elle est couplée cette semaine d’un nouveau test express et un dépistage d’ampleur de la population.

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 Saint-Etienne (Loire). Ce lundi, les collégiens volontaires ont eu droit à deux tests : le premier PCR et salivaire,  le second antigénique et nasopharyngé.
Saint-Etienne (Loire). Ce lundi, les collégiens volontaires ont eu droit à deux tests : le premier PCR et salivaire, le second antigénique et nasopharyngé.  LP/Cyril Michaud

Quinze minutes, pas une de plus. C'est le temps qu'il faut au test salivaire antigénique BioSpeedia, mis au point à Saint-Etienne (Loire) en partenariat avec le CHU, pour détecter si une personne est positive ou non au Covid-19. Ce lundi, jour de rentrée des écoliers de la zone A et de lancement d' une vaste campagne de dépistage dans les établissements scolaires, les collégiens stéphanois d'Honoré d'Urfé ont été les premiers en France à expérimenter ce test express.

Dans la salle qui sert habituellement de CDI du collège public, transformée pour l'occasion, le stress est manifeste. « C'est un test PCR? Je crois bien que ça fait mal », s'interroge Arthur (le prénom a été changé à la demande de l'établissement), très inquiet à l'idée de se faire tester. « Non, je ne crois pas. Ils nous prennent notre salive et c'est tout », lui répond sa voisine de chaise.

Un auto-prélèvement nasal pour éviter les douleurs

En réalité, peu d'élèves savaient réellement à quelle sauce ils allaient être mangés. Car à Saint-Etienne ce lundi, ce n'est pas à un mais deux tests Covid auxquels devaient se soumettre les élèves, sur la base du volontariat. Un test PCR réalisé en laboratoire nécessitant un simple prélèvement salivaire, comme prévu par le ministère de l'Education nationale, et le test BioSpeedia qui requiert à la fois un prélèvement salivaire et nasal. « Allez-y, raclez bien votre gorge, trois fois, puis salivez dans le tube » répétait la soignante à chaque enfant.

Cette première étape franchie, il était ensuite demandé au collégien testé d'effectuer un auto-prélèvement nasal à l'aide d'un écouvillon. « Il faut bien tourner l'écouvillon dix fois dans votre narine. Vous voyez, ça ne fait pas mal », insistait l'infirmière auprès des élèves les moins rassurés.

L'écouvillon était ensuite placé dans le tube contenant déjà la salive et quelques gouttes d'une solution chimique. Avant de livrer son verdict quinze minutes plus tard. « Et si c'est positif? » s'inquiétait une élève. « Ben, tu rentres chez toi », lui répondait son camarade.

VIDÉO. Comment fonctionne le test salivaire qui va être déployé dans les écoles ?

« Le mode d'emploi est assez similaire à celui d'un test de grossesse. Vous avez une petite cassette dans laquelle vous insérez votre écouvillon », explique Julien Tizot, directeur général de BioSpeedia, présent sur un site de dépistage du centre-ville de Saint-Etienne.

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Car en parallèle de la campagne nationale menée dans les écoles, la municipalité stéphanoise organise toute cette semaine sa propre campagne de dépistage auprès de sa population. Douze sites ont été aménagés aux quatre coins de la ville. Même principe que pour les écoliers : chaque habitant est invité à expérimenter, sur rendez-vous, le test antigénique BioSpeedia, combiné à un test PCR en laboratoire. La Ville de Saint-Etienne, qui a fait les choses en grand, a également mis en circulation un bus-test Covid qui sillonnera les quartiers toute cette semaine.

«Les gens pourront bientôt s'auto-tester à la maison»

La biotech joue gros. Car si les résultats de cette campagne expérimentale de dépistage menée à Saint-Etienne sont concluants, BioSpeedia pourrait commercialiser très vite son test à plus grande échelle. « Nous avons la certitude de son efficacité puisqu'il affiche des résultats supérieurs à 90 %. Et cette campagne va nous permettre de le démontrer », assure Julien Tizot. Ce dernier se projette déjà sur la suite : « On peut imaginer que les gens pourront bientôt s'auto-tester à la maison, sans avoir recours au personnel soignant. Ce qui permettra de limiter encore davantage la circulation du virus. »