Covid-19 : à Roissy-CDG, un test rapide dès la descente d’avion

A l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, il est désormais possible d’effectuer un test antigénique avant de fouler le sol français.

 Les passagers arrivant à l’aéroport de Roissy peuvent faire un test antigénique et obtenir le résultat en trente minutes.
Les passagers arrivant à l’aéroport de Roissy peuvent faire un test antigénique et obtenir le résultat en trente minutes. LP/Elsa Marnette

Il y a très peu d'avions à l'horizon, dans le ciel clair de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de passagers a été divisé par dix dans le deuxième aéroport européen, passant de 200 000 à 20 000 voyageurs par jour en moyenne. Au petit matin, seule une foule éparse arpente les terminaux silencieux.

Mais il est tout de même un endroit où une petite file d'attente se forme, ce jeudi. C'est devant la plate-forme de tests mise en place par la Protection civile au niveau du terminal 2E. Auparavant, les passagers — non munis d'un test Covid négatif et en provenance d'un pays classé rouge — qui désiraient fouler le sol français devaient déjà y effectuer un prélèvement PCR, mais ils quittaient l'aéroport sans connaître le résultat.

Covid-19 : à Roissy-CDG, un test rapide dès la descente d’avion

Désormais, les secouristes de la Protection civile utilisent des tests antigéniques qui délivrent un résultat sur place, fiable à 95 % sur les personnes les plus contagieuses, en quinze à trente minutes. « L'objectif, c'est de protéger le territoire national », résume Sophie Wolfermann, préfète déléguée à la sécurité et à la sûreté des plateformes aéroportuaires.

1 cas positif sur 600 tests

Ce mercredi, le nombre de pays classés rouges est passé de 38 à 58. Les voyageurs en provenance de ces Etats ne peuvent pas quitter l'aéroport sans avoir un test disant qu'ils ne sont pas contaminés. Pour une douzaine d'autres provenances, là où le virus sévit particulièrement, il est obligatoire d'avoir réalisé ce test avant d'embarquer. Charge aux compagnies aériennes de faire respecter cette obligation. Seuls les passagers venant de l'Union européenne et de quelques pays nordiques et asiatiques sont exemptés de tests.

La veille, sur les 3000 passagers qui ont débarqué, 600 ont dû effectuer un test antigénique avec les secouristes de la Protection civile et un cas positif a été détecté. Cette personne a reçu un masque, du gel et des consignes d'isolement strictes, « exactement comme cela se fait dans les laboratoires », résume la préfète.

Ce jeudi matin, Helen, en provenance de l'île de Saint-Barthélemy, a eu la surprise de découvrir qu'il lui fallait effectuer ce test à l'arrivée. « Je me suis pourtant rendue dans un laboratoire avant de partir mais on nous a dit que ça n'était pas nécessaire pour la métropole, retrace cette habitante des Yvelines. Cela m'a un peu irritée de devoir attendre ici, alors que j'avais voulu tout bien faire au départ. Mais bon… Les labos sont dépassés, il faut former plus de laborantins. »

«Un véritable laboratoire de campagne»

Virginie Bidault de l'Isle, chef de projet à la Protection civile, raconte qu'elle et son équipe ont dû monter en un temps record « un véritable laboratoire de campagne », ouvert de 5 heures à 22 heures : « On a déployé une agilité de folie ! » Pour l'instant, les secouristes parviennent à transmettre les résultats en trente minutes environ.

Cyril, qui rentre d'Argentine avec sa femme enceinte et son fils de 21 mois, trouve « normal » d'avoir à effectuer ce test avant de retrouver sa belle-famille. Il patiente tranquillement : « On s'est dit qu'on irait plus vite ici que dans un laboratoire à Buenos Aires. »