Coronavirus : un «vaccinobus» dans l’Allier pour les personnes isolées

Pour permettre aux personnes âgées les plus isolées de se faire vacciner contre le Covid-19, le conseil départemental a inauguré un bus dédié, premier du genre en France.

 Cosne-d’Allier (Allier), jeudi. Un véhicule part désormais à la rencontre des personnes âgées géographiquement isolées.
Cosne-d’Allier (Allier), jeudi. Un véhicule part désormais à la rencontre des personnes âgées géographiquement isolées. LP/Cyril MICHAUD

C'est une première en France. Depuis ce jeudi, dans l'Allier, un bus de vaccination mobile bat la campagne à la rencontre des personnes âgées géographiquement isolées. Il a été mis en service à Cosne-d'Allier, ville située à une demi-heure de Montluçon. « En réalité, il y a deux bus », explique Claude Riboulet, président du conseil départemental de l'Allier. Dans l'un s'effectuent les formalités administratives et dans le second, mis à disposition par le Sdis 03, se déroule la vaccination, en présence d'une infirmière et d'un médecin.

Jeudi, stationné sur un parking derrière la mairie de Cosne-d'Allier pour son premier jour, le « vaccinobus » n'a pas désempli. Vingt-quatre personnes âgées de plus de 75 ans ont pu en profiter. Ce sera aussi le cas aujourd'hui à Montmarault, le village voisin. « Dès la semaine prochaine, nous allons monter en puissance avec 50 rendez-vous par jour », annonce Claude Riboulet.

Car le numéro vert mis en place par le conseil départemental de l'Allier pour la prise de rendez-vous a été pris d'assaut. « Nous avons reçu au total plus de 14 000 appels en l'espace d'une journée », raconte le premier représentant du département. Parmi eux, 960 ont donné lieu à des rendez-vous. L'agenda est ainsi complet pour les huit prochaines semaines.

« Et il n'y aura pas de pénuries de doses de vaccins », promet Grégory Dolé, le directeur de l'agence régionale de santé (ARS) de l'Allier. Hier, c'était la principale crainte des futurs vaccinés. Et elle a très vite été dissipée.

Un rythme d'un patient tous les quarts d'heure

Arrivée avec un peu d'avance, munie d'une pièce d'identité, de sa carte Vitale et d'une attestation vaccinale fournie par son médecin traitant, Jeanine, 85 ans, n'avait pas d'appréhension particulière. « A mon âge, on n'hésite plus! C'est ma fille, infirmière, qui m'a inscrite. J'ai été surprise d'avoir un rendez-vous aussi vite », appréciait l'octogénaire, soulagée tout de même d'avoir pu se faire vacciner contre le Covid-19.

Jean-Marie, 80 ans, affichait, lui, une confiance inébranlable. Au personnel de santé, bras tendu, prêt à recevoir sa piqûre, il lançait dans un sourire : « J'ai été opéré du cœur et je n'ai même pas eu mal. Alors, ce n'est pas un petit vaccin de rien du tout qui va me faire peur. C'est de la rigolade ! » Dans la cabine transformée pour l'occasion en petit cabinet médical, les vaccinations s'enchaînaient ainsi durant la journée, au rythme d'un patient tous les quarts d'heure. Chacun devra revenir dans vingt-huit jours afin de recevoir la seconde injection.

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D'ici là, le bus de vaccination mobile du conseil départemental de l'Allier aura largement quadrillé la campagne bourbonnaise. Dix communes participent à l'opération. Dans ces villages reculés, le département espère pouvoir vacciner toutes les personnes de plus de 75 ans désireuses d'être immunisées contre le Covid-19, d'ici au mois d'avril.