Coronavirus : pourquoi l’immunisation des personnes âgées est compliquée

Pour les plus anciens, comme pour les personnes fragiles, le confinement risque de durer de longs mois.

 En l’absence de vaccin, les personnes les plus vulnérables devront continuer à prendre leurs distances même après le déconfinement.
En l’absence de vaccin, les personnes les plus vulnérables devront continuer à prendre leurs distances même après le déconfinement.  LP/Olivier Boitet

« Nous sommes loin de l'immunité collective », a dit lundi soir le chef de l'Etat, mettant un peu plus en lumière cette arme dont nous ne disposons pas contre le Covid-19. L'immunité collective — ou de groupe — c'est lorsqu'un nombre suffisamment élevé de personnes ont rencontré un virus (produisant ainsi des anticorps naturels) pour protéger l'ensemble de la population. Contre le Sars-Cov-2, il faudrait 60 % d'immunisés. Mais d'où sort ce chiffre?

« C'est simple, dans le jargon on dit que le R0 du Covid est à 2,5, c'est-à-dire qu'un malade va transmettre en moyenne la pathologie à 2,5 autres personnes. Or, quand le R0 est en dessous de 1, on a gagné ! 2,5 multiplié par 0,4, cela fait un : nous avons donc « droit » à 40 % de gens susceptibles d'être infectés pour être tous protégés », décrypte Jean-Stéphane Dhersin, mathématicien spécialiste de la modélisation des épidémies.

Sauf que… les plus optimistes estiment notre immunité actuelle entre 10 et 15 % quand l'Inserm l'évalue, elle, entre 1 et 6 % de la population. Dès lors, il faut trouver une parade. Dans le royaume de l'immunité, il n'en existe qu'une : le vaccin, dont on sait qu'il n'arrivera pas avant douze à dix-huit mois. Long, très long, notamment pour les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques. Pour elles, impossible de « miser » sur l'immunisation naturelle tant le risque est important face à un virus meurtrier chez les plus âgés d'entre nous.

Coronavirus : pourquoi l’immunisation des personnes âgées est compliquée

« C'est très compliqué, concède l'infectiologue Karine Lacombe. La grande immunité est, pour elle, le vaccin. En attendant, il faut les protéger. » « Oui, c'est très dur mais il faut tenir bon, encourage sa consœur Anne-Claude Crémieux, membre de l'Académie de médecine. D'où l'importance de continuer à prendre ses distances même après le déconfinement. Cela veut dire aussi que leurs enfants et petits-enfants qui n'ont pas été testés positifs devront mettre un masque en leur présence. »

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