Contre les cystites, les cranberries font-elles des miracles ?

L’efficacité de ce remède pour prévenir les infections urinaires récidivantes fait toujours débat.

 L’efficacité de la cranberry est due à la proanthocyanidine qui, outre son effet antioxydant, empêche les bactéries de se coller à la vessie pour l’infecter.
L’efficacité de la cranberry est due à la proanthocyanidine qui, outre son effet antioxydant, empêche les bactéries de se coller à la vessie pour l’infecter. DR

Il y a une vingtaine d'années, contre toute attente, un petit fruit rouge connu sous le nom de cranberry (canneberge en français) a émergé comme traitement préventif des infections urinaires récidivantes. Ce fruit, largement cultivé outre-Atlantique, a été transformé en gélules et proposé dans la prévention des cystites.

En 2012, une analyse regroupant dix études et 1616 patients, a confirmé l'effet prophylactique de la canneberge. Dans ces études, la canneberge sous différentes formes aurait réduit le risque de récidive. Mais le débat est loin d'être clos. D'autres travaux n'ont pas observé d'effets favorables. L'efficacité potentielle de ce fruit tiendrait à un élément particulier, la proanthocyanidine, qui outre un effet antioxydant, empêche les bactéries de se coller à la vessie pour l'infecter.

En pharmacie sans ordonnance

« Ce produit est vendu en pharmacie sans ordonnance, précise la médecin Sophie Conquy. Je conseille parfois, même en l'absence de certitude quant à l'efficacité, à des patientes qui souffrent d'infections récidivantes d'essayer deux ou trois mois, avant de commencer une antibiothérapie à long terme. Pour certaines, il y a un effet spectaculaire, pour d'autres cela ne marche pas du tout. La posologie recommandée est de 36 mg de produit actif par jour. »

La question de l'utilisation de la canneberge ou de produits en contenant afin de prévenir les infections urinaires est régulièrement posée par les autorités de santé, car les études restent ambiguës. L'Agence du médicament a abordé cette question à plusieurs reprises. L'Agence nationale alimentation, environnement, santé (ANSES) a actualisé ses travaux il y a quelques années et passé en revue 10 études, qui présentent cependant des biais méthodologiques. Considérant l'intérêt que pourrait constituer la canneberge si son effet sur la prévention des infections urinaires était avéré, l'Anses a indiqué « continuer à suivre l'actualité scientifique de ce sujet ».