AbonnésSociété

Retour des messes : des catholiques prient pour que Macron prenne «des décisions justes»

Avant le discours du président mardi sur l’allègement du confinement, environ 700 fidèles s’étaient réunis dimanche sur le parvis de l’église Saint-Sulpice, à Paris, pour demander la reprise immédiate des offices religieux. D’autres rassemblements ont lieu en France.

 Devant l’église Saint-Sulpice à Paris (VIe), des catholiques s’étaient rassemblés pour réclamer le retour des messes, suspendues par le reconfinement.
Devant l’église Saint-Sulpice à Paris (VIe), des catholiques s’étaient rassemblés pour réclamer le retour des messes, suspendues par le reconfinement.  LP/Olivier Arandel

Agenouillée, ce dimanche 22 novembre en fin d'après-midi sur l'escalier qui mène à l'église Saint-Sulpice à Paris (VIe), une meneuse de prières vêtue d'une chasuble fluo enchaîne, au micro, les « Je vous salue Marie » et les « Notre Père », reprise, en chœur, par quelque 700 fidèles réunis sur le parvis. Dans la foule, beaucoup de jeunes. Des « cathos ordinaires », comme ils se définissent, se mélangent aux « tradis ». Certains se prosternent sur les pavés, d'autres égrènent un chapelet ou allument une bougie. Tous manifestent pour la résurrection des messes publiques, interdites durant ce reconfinement contre l'épidémie de Covid-19, à l'image de toutes les cérémonies religieuses des différentes confessions.

VIDÉO. «Laissez nous respirer», demandent les catholiques à Macron

Plusieurs dizaines de rassemblements de ce genre ont eu lieu ce dimanche un peu partout dans l'Hexagone. « On prie pour la France, pour nos dirigeants, et donc pour notre Président, afin qu'ils prennent des décisions justes et respectent la liberté de culte », confie Claire, 20 ans, étudiante, qui « attend des actes ». Elle espère qu'Emmanuel Macron annoncera ce mardi soir, lors de son allocution télévisée, un retour immédiat des célébrations alors que le gouvernement a avancé une reprise « autour du 1er décembre ». Seule certitude : elle ne pourra pas vivre Noël sans office, « c'est impossible! » « La messe, c'est notre nourriture spirituelle », rappelle sa voisine, Annabelle, 20 ans également.

Noël au cœur des préoccupations

Marie, 47 ans, prof d'espagnol, redoute également d'être « privée » d'eucharistie le 25 décembre, ce qui serait « le pire des scénarios présidentiels ». « On avait déjà été privés de Pâques lors du premier confinement. A l'époque, on n'avait rien dit, mais c'était une souffrance », se souvient-elle. Selon elle, les autorités ne doivent pas imposer une jauge de trente fidèles à tous les lieux de culte. « Il y a des églises qui ont la superficie d'un centre commercial et des chapelles toutes petites. Il faut adapter les restrictions au cas par cas. De toute façon, le risque zéro n'existe pas en matière de contaminations. Si le gouvernement veut le risque zéro, alors il faut tout fermer : les écoles, les commerces… », recense-t-elle.

« Mais ce qui est sûr, c'est que les paroisses n'ont pas le choix, elles devront appliquer ce qu'on leur demande », concède-t-elle. Si les capacités d'accueil venaient à être « très limitées », alors il faudra, à ses yeux, « demander aux prêtres de dire plus de messes ». « Ils seront ravis d'en célébrer plusieurs par jour », assure, de son côté, Claire. Marc, 22 ans, étudiant en droit, ne croit, lui, « pas au miracle » et à une « reprise immédiate » des offices décrétée par les sommets du pouvoir qui « ne considèrent pas que c'est une activité essentielle ».

«J'ai plus confiance en Dieu qu'en Macron»

Dans l'assemblée de catholiques, on croise Luc, 51 ans, un protestant évangélique. « Dans certains combats, le Christ nous unit », sourit ce croyant pratiquant qui « travaille dans l'administration ». « J'attends du président qu'il puisse offrir aux chrétiens la possibilité de se rassembler et d'exprimer leur foi. Le plus tôt sera le mieux », répète-t-il, défendant que « les gestes barrière sont très respectés dans les lieux de culte ». Mais de confesser : « J'ai plus confiance en Dieu qu'en Macron ». Pour autant, le locataire de l'Elysée reste destinataire de ses prières. « L'Evangile nous exhorte à prier pour les autorités, pour qu'elles soient touchées par la sagesse divine. »

Rencontrée à l'intérieur de Saint-Sulpice, où elle est « allée prier dans son coin », Stéphanie, 45 ans, préfère rester à l'écart de la manifestation. « Je ne suis pas convaincue qu'elle serve à quelque chose. Au contraire, je me dis que ça peut braquer Macron et Castex », commente cette directrice des ressources humaines. Elle souhaite de tout son cœur que le chef de l'Etat autorise les messes dès dimanche prochain. « C'est le premier dimanche de l'Avent, symbole de l'espérance, qui nous prépare, nous chrétiens, à la naissance de Jésus », décrypte-t-elle. « J'espère, mais je n'y crois pas, parce que Macron ne croit en rien. J'ai peur qu'il fasse l'impasse du premier dimanche de l'Avent. » « Pourtant, les affaires de Dieu, ça devrait être prioritaire », juge un retraité de 66 ans en provenance de Corbeil-Essonnes (Essonne).