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Reprise des messes : les fidèles se réjouissent, les évêques assurent que la jauge à 30 va être revue

Comme Ghislain, des fidèles catholiques se réjouissent que les offices religieux puissent reprendre ce samedi, dans la limite de 30 personnes. Ce mercredi, les évêques disent avoir obtenu une révision de cette jauge.

 Emmanuel Macron a annoncé mardi soir la reprise des offices dans tous les lieux de culte, à partir de samedi, « dans la stricte limite de trente personnes ».
Emmanuel Macron a annoncé mardi soir la reprise des offices dans tous les lieux de culte, à partir de samedi, « dans la stricte limite de trente personnes ». LP/Philippe Lavieille

Dès ce samedi 28 novembre, Ghislain, 33 ans, retrouvera ses « frères » et ses « sœurs » à la messe célébrée en l'église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris. « On va pouvoir de nouveau prier ensemble et demander des grâces pour ce monde qui en a tant besoin », commente ce jeune coiffeur très pratiquant. Ce mardi soir, le président Emmanuel Macron a annoncé la reprise des offices dans tous les lieux de culte, à partir de ce week-end, « dans la stricte limite de trente personnes ». Une jauge qui pourrait être encore revue à la hausse, selon la conférence des évêques de France.

Depuis trois semaines, les cérémonies religieuses en public étaient suspendues dans les églises, mosquées, synagogues et autres temples à cause du confinement.

« C'est une très bonne chose, merci pour cette initiative ! Mais trente personnes, ce n'est pas beaucoup », souligne-t-il. Selon lui, le salut peut venir du clergé. « Avec la bonté que je lui connais et son amour pour le Christ, le père va multiplier les messes, peut-être trois à quatre par jour », espère-t-il. Il est optimiste. « On fait confiance à Dieu, il est capable de veiller sur tout le monde, on est tous ses enfants », prêche-t-il.

« Il faudra donc réduire l'affluence au moins par dix »

Virginie, retraitée, se rendra plus tôt à la messe pour tenter de trouver une place, imaginant un principe du « premier arrivé premier servi ». « Cette annonce, c'est déjà bien, ça nous manquait beaucoup de ne plus être en communauté », confie-t-elle. Patrick Kollannur, sacristain à Saint-Sulpice, immense édifice au cœur de la capitale, ressent d'abord « de la joie » à l'idée de retrouver les paroissiens réunis. « Mais il va y avoir du monde qui se bouscule au portillon », pronostique-t-il.

« Le dimanche, on accueille 300, 400, 500 personnes par messe. Il faudra donc réduire l'affluence au moins par dix », calcule-t-il. La solution passe par davantage de célébrations. « Mais il faudra aussi inviter les fidèles à se rationner, car tout le monde ne pourra pas être satisfait », prévient-il. Et d'évoquer un possible système d'inscriptions pour contenter tous les paroissiens. Son « rôle » d'accueil du public, mais aussi de « surveillance », va sans doute être renforcé, en particulier pour compter les troupes. « Parce que si on sort des clous, on nous le reprochera », anticipe-t-il.

« Une jauge réaliste sera définie d'ici jeudi »

Jean-Benoît Harel, 23 ans, étudiant en droit à l'origine, avec d'autres jeunes, d'une pétition en ligne réclamant le retour de la messe qui a récolté 106 000 signatures en trois semaines, est lui, « déçu » par l'assouplissement décrété par le chef de l'Etat. Ce retour des célébrations collectives dès ce samedi est, à ses yeux, « une victoire en trompe-l'œil ». Car la jauge imposée « n'est pas du tout proportionnée » à la taille du lieu de culte, identique « pour une chapelle, une église moyenne et une cathédrale ».

« On considère qu'Emmanuel Macron maintient en otage la liberté de culte », fustige-t-il. Et de dénoncer « le mépris », selon lui, du locataire de l'Elysée qui « n'a aligné que quelques mots sur les cultes ». Avec son association « Pour la messe », il se « réserve la possibilité d'un recours juridique » visant cette limite de trente fidèles.

Après l'intervention du chef de l'Etat, la Conférence des évêques de France s'était dite « déçue » et « surprise » par cette jauge. Elle demande à Emmanuel Macron de revoir sa copie, qui « n'est pas conforme » aux discussions qui ont eu lieu avec les autorités ces dernières semaines. « La période de l'avent qui s'ouvre devant nous est un temps fondamental de préparation à Noël », ajoute la Conférence des évêques dans son communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

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Ce mercredi matin, la conférence des évêques de France assure que Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, et Emmanuel Macron « ont eu un échange téléphonique » après l'allocution présidentielle. « Il ressort qu'une jauge réaliste, tout en restant stricte, sera définie d'ici jeudi matin pour une mise en application en deux étapes : samedi 28 novembre puis après la réévaluation du 15 décembre », assure-t-elle dans un communiqué.