Pyrénées : l’Etat mis en demeure de remplacer les ours tués

Plusieurs associations reprochent à l’Etat de ne pas avoir remplacé trois ours tués par l’homme l’année dernière, comme le prévoit le plan visant à rétablir la population d’ours dans les Pyrénées.

 En juin, un ours avait été retrouvé tué par balles dans l’Ariège.
En juin, un ours avait été retrouvé tué par balles dans l’Ariège. AFP/Twitter/Ministère de la Transition

Les défenseurs des ours mènent une nouvelle action contre l'Etat. Une dizaine d'associations défendant la présence de plantigrades dans les Pyrénées ont annoncé lundi avoir mis la ministre de l'Écologie et le président de la République en demeure de remplacer les plantigrades tués en 2020 dans le massif franco-espagnol.

« À défaut de réponse rapide, des plaintes seront déposées devant le tribunal administratif pour faire reconnaître une nouvelle fois la carence fautive de l'Etat dans ce dossier et obtenir une injonction de procéder aux lâchers requis », ont-elles mis en garde dans un communiqué.

« Depuis que trois ours ont été retrouvés morts de cause humaine en 2020 dans les Pyrénées […], nous ne cessons de demander au gouvernement de procéder au remplacement rapide de ces animaux, conformément à l'engagement pris dans le Plan Ours 2018-2028 », ajoutent les associations.

En effet, la règle qui prévaut dans le plan visant à rétablir la population d'ours dans les Pyrénées est le remplacement du plantigrade si sa mort est provoquée par l'homme.

Une « réponse rapide de l’Etat » attendue

En novembre, les autorités espagnoles avaient annoncé la mort de l'ourse Sarousse, « abattue d'un coup de feu ». En juin, un autre ours avait été abattu près de la station de ski française de Guzet, en Ariège. Et en avril, c'est l'ours Cachou, un mâle de six ans qui avait été retrouvé mort dans le val d'Aran en Espagne, après avoir empoisonné selon la presse espagnole. De part et d'autre des Pyrénées, la présence de l'ours est décriée, parfois combattue, notamment par les éleveurs qui déplorent de nombreuses prédations de brebis.

« L'annonce du président aux responsables agricoles locaux en janvier 2020 sur le fait « de ne pas procéder à de nouvelle introduction » ne peut concerner le cas des ours morts « de cause anthropique (braconnage ou accident) » comme l'atteste la Feuille de route Pastoralisme et ours de Juin 2020 », ont indiqué les associations de défense de l'ours, dont Férus et Pays de l'Ours-Adet.

Pour eux, une décision d 'Emmanuel Macron de ne pas remplacer ces ours « donnerait le sentiment de cautionner et de tolérer la violence des opposants radicaux à l'ours, croissante depuis son élection ». L'ours des Pyrénées étant menacé d'extinction, la France a engagé dans les années 1990 un programme de réintroduction d'ours venant de Slovénie.

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« Sans réponse rapide de l'État, nos associations prendront, elles, leurs responsabilités en lançant toutes les procédures légales nécessaires », ont affirmé les associations.