Port du masque : le parcours du combattant d’un collégien asthmatique

Souhaitant être dispensé de masque, le jeune Isaack, 12 ans, se retrouve mis à l’écart dans son propre établissement d’Ille-et-Vilaine au nom de la santé des autres élèves et adultes.

 Au collège ou au lycée, le masque est devenu obligatoire depuis la rentrée des classes.
Au collège ou au lycée, le masque est devenu obligatoire depuis la rentrée des classes. LP/Philippe Lavieille

Isaack a 12 ans et il est asthmatique. Le jour de la rentrée au collège de Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), ses parents ont présenté un certificat médical le dispensant du port du masque, comme le prévoit le protocole en cas de pathologie particulière. « On lui a refusé l'accès et nous avons dû accepter un compromis, le port d'une visière », raconte Jennifair, la mère.

« Raillé » par les autres élèves, seul au fond de la classe, Isaack aurait été privé d'activités de groupe. Se plaignant de ne pas pouvoir lire et écrire correctement avec sa visière, il la rejette au bout de 10 jours. « L'établissement m'a alors demandé de venir le récupérer et a conditionné son retour à la présentation d'un certificat médical plus détaillé. Le temps d'obtenir un rendez-vous, Isaack est resté à la maison plusieurs jours », déplore Jennifair.

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Souhaitant vraiment reprendre les cours, le garçon accepte de porter un masque léger en classe. Le médecin traitant rédige donc une dispense, qui ne vaut que pour la marche ou les activités physiques. « Mais, vendredi, le principal a une nouvelle fois refusé mon fils. Il fallait d'abord soumettre le certificat au médecin scolaire ».

Sa mère en garde à vue

Face à l'insistance de la mère, les gendarmes interviennent et placent Jennifair en garde à vue pendant huit heures. Elle écope d'un rappel à la loi pour avoir troublé le bon ordre dans l'établissement scolaire. Isaack a repris les cours mardi. Mais, à la récréation, comme il ne peut ni enlever son masque ni faire d'activité physique avec, il reste assis sur un banc et ne se déplace jamais avec les autres élèves.

« Le collège est devenu un calvaire pour lui », se désole sa mère. Le rectorat précise qu'aucune mesure d'exclusion n'a été prise. Mais que les activités d'Isaack sont adaptées pour respecter « les recommandations médicales tout en préservant la protection des autres enfants et adultes du collège ».