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Plus besoin de passer par la police pour être interdit de jeux

A compter du mois de novembre, un joueur accro aux casinos ou aux paris en ligne ne devra plus être convoqué par la police lors de sa demande d’interdiction volontaire de jeux. La procédure va être dématérialisée, pilotée par la nouvelle Autorité nationale des jeux.

 La démarche pour se faire interdire de jeux va être modifiée.
La démarche pour se faire interdire de jeux va être modifiée.  LP/Christophe Lefèvre

Aujourd'hui, pour être volontairement interdit de jeux, le miseur accro aux casinos ou aux paris sportifs en ligne doit en faire la demande auprès du ministère de l'Intérieur avant d'être convoqué par les services locaux de la police chargés de la surveillance des jeux d'argent. Une démarche lourde et culpabilisante qui, selon nos informations, s'apprête à être simplifiée. A compter du mois prochain, elle sera, en effet, dématérialisée. La case « police » sera ainsi supprimée.

C'est la nouvelle Autorité nationale des jeux (ANJ), installée en juin et dont l'une des priorités est la lutte contre l'addiction qui va piloter cette petite révolution. La requête du particulier qui dépense des sommes folles dans le hasard pourra être initiée via son site Internet. La vérification d'identité s'effectuera à distance selon des modalités qui restent à préciser. « Ce sera plus fluide. On va offrir un vrai service au lieu d'en faire un fichier culpabilisant. Il y a des joueurs qui avaient peur d'aller voir la police, craignant qu'on leur fasse la morale », explique Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l'ANJ qui dirigeait auparavant la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés).

« Devoir être convoquées par la police est dissuasif »

Cette structure, gendarme indépendant, doit récupérer ces prochaines semaines la gestion du fichier des quelque 38 500 interdits de jeux actuellement entre les mains du ministère de l'Intérieur. La publication du décret signé du ministre de l'Intérieur et actant ce transfert est programmée « en novembre » selon la place Beauvau. Pour Armelle Achour, psychologue et directrice de l'association SOS joueurs, ce changement est une bonne chose. « Pour certaines personnes, devoir être convoquées par la police est dissuasif. Avec le nouveau système, ça sera plus simple et ça ira plus vite », souligne-t-elle.

Grâce à ce dispositif facilement accessible, les délais de traitement de la demande, qui peuvent aujourd'hui atteindre plusieurs mois, seront, en effet, considérablement réduits, « au moins de moitié » à en croire les ambitions de l'ANJ. Une fois inscrit au fichier national, le joueur se voit interdit d'accès à l'ensemble des casinos, clubs et cercles de jeux mais aussi à tous les sites légaux de jeux d'argent en ligne, là où il doit au préalable ouvrir un « compte joueur » en donnant la preuve de son identité. L'interdiction vise tous les opérateurs. Un joueur a la possibilité, s'il ne souhaite pas que l'interdiction soit généralisée, de s'auto-exclure d'un opérateur en particulier qui est obligé de lui proposer cette option. Cela ne concerne pas les points de vente « en dur ».

Une personne frappée par une interdiction de jeu peut tout à fait continuer à tenter sa chance au Loto, parier sur une défaite du PSG ou gratter un ticket « Cash » chez les détaillants Française des jeux (FDJ) ou miser sur un cheval à l'hippodrome ou dans un PMU, des opérations anonymes sans contrôle d'identité.