Pitbull, teckel, jack russell… quels sont les chiens qui mordent le plus ?

D’après une enquête de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, il n’y a pas de lien entre la race d’un chien et le risque de se faire mordre. Sur la liste des animaux les plus agressifs figurent le pitbull mais aussi… le teckel.

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 Les services vétérinaires estiment le nombre d’attaques de chiens à 250 000 par an. Ici, un jack russell terrier aux côtés d’un pitbull. (Illustration)
Les services vétérinaires estiment le nombre d’attaques de chiens à 250 000 par an. Ici, un jack russell terrier aux côtés d’un pitbull. (Illustration) Zoonar/Lothar Lenz

Le 26 janvier dernier, une élue du Tarn a été retrouvée morte à son domicile, victime d'un arrêt cardiaque suite à de multiples morsures provoquées par ses deux rottweilers. Quelques jours plus tôt, un garçon de quatre ans originaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) était hospitalisé après avoir été mordu par l'american bully d'un animateur de la ville. Deux jours avant Noël, une habitante de Haute-Garonne raconte avoir « failli mourir » lorsqu'elle a croisé dans son jardin un malinois en liberté…

En feuilletant la rubrique fait divers de la presse quotidienne régionale, on comprend qu'il ne se passe pratiquement pas un jour en France sans que l'on dénombre une attaque de chiens. Alors que les services vétérinaires estiment le nombre de morsures annuelles à 250 000 (!), l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a cherché à savoir si la race de l'animal avait un rapport avec la probabilité de se faire mordre.

Dans un rapport rendu public ce lundi et que nous avons pu consulter, les experts de l'Anses battent en brèche cette idée reçue. « Nous avons interrogé des vétérinaires, parcouru la littérature scientifique, consulté nos collègues à l'étranger et sommes arrivés à la conclusion qu'il n'y a pas de lien patent entre la race d'un chien et le risque de morsure », explique Matthieu Schuler, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses.

«On peut être défiguré par la morsure d'un caniche»

Et pourtant, la réglementation actuellement en vigueur en France se fonde bel et bien sur la race pour classer les chiens dits dangereux dans deux catégories, dont notamment les chiens d'attaques comme les pitbulls, les boerbulls ou les rottweilers.

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Leurs propriétaires doivent obligatoirement avoir un permis de détention, une attestation d'aptitude et faire évaluer le comportement de leur animal. « A ce jour, aucune étude scientifique ne met en évidence un risque plus élevé de morsure par les chiens de catégories 1 et 2 dits « dangereux », souligne l'Anses. Les Etats-Unis, les Pays-Bas ou l'Italie, qui avaient adopté des catégorisations similaires, les ont abandonnées après avoir constaté leur inefficacité dans la réduction du risque de morsure ».

« Certains animaux parmi les plus mordeurs ne figurent pas dans ces deux catégories et quand j'étais vétérinaire, les chiens dont je me méfiais le plus étaient les yorkshire et les cockers, abonde le député LREM des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval. Il faut bien avoir conscience que l'on peut être défiguré par la morsure d'un caniche ».

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Dans la liste des chiens les plus mordeurs figurent en effet côte à côte les rottweilers, les bergers allemands ou les pitbulls mais aussi des races en apparence plus dociles comme les labradors, les jack russel ou les teckels. Dans un rapport remis au ministre de l'Agriculture en juin dernier, Loïc Dombreval explique que « l'agressivité du chien est en général la conséquence de comportements inadaptés de la part du propriétaire qui a mal éduqué son animal ». « Quelle que soit leur taille ou leur race, tous les chiens peuvent mordre et nos experts préconisent de renforcer les évaluations comportementales réalisées par les vétérinaires en cas de morsure » explique Matthieu Schuler.

L'importance de l'éducation de l'animal

Encore faut-il que les propriétaires le fassent savoir. « L'essentiel des morsures ayant lieu dans le cercle privé, elles ne sont pas systématiquement connues et même quand un médecin reçoit en consultation un enfant qui a été mordu au visage par son chien, il ne le déclare pas toujours » regrette Loïc Dombreval.

Les experts de l'Anses estiment que la première visite de vaccination ou le bilan annuel chez le vétérinaire « doit être l'occasion de sensibiliser aux facteurs de risques de morsure et d'insister sur l'importance de l'éducation de l'animal ». Afin de mieux connaître et prévenir les circonstances des attaques de chiens, l'Anses propose par ailleurs la création d'un observatoire des morsures.