Patrimoine : en Normandie, les plaques de cocher retrouvent leur place

Le collectif Patrimoine Routier recense et restaure les plaques de cocher du XIXe siècle, remplacées aujourd’hui par des panneaux directionnels, pour les restituer aux communes.

 Fabien Demeules recherche les plaques de cochers pour les restaurer et les restituer aux communes
Fabien Demeules recherche les plaques de cochers pour les restaurer et les restituer aux communes #PRESSE30

En 1845, afin de remplacer les bornes royales, le Parisien Henri Bouilliant invente la plaque directionnelle dite de cocher : en fonte, avec des écritures en relief pour donner la direction et le kilométrage d'une destination avec une grande précision. Parfois au mètre près. Blanches et noires ou bleues et blanches, elles seront installées sur les bâtiments à hauteur des cochers des diligences.

Pendant 20 ans, la fonderie du quartier de Belleville en aura le monopole, avant de revendre ses brevets. Achetées par les départements, les plaques se sont généralisées rapidement dans l'Hexagone. Mais les guerres, notamment celle de 1870 - il n'était pas question de donner d'informations aux Prussiens - puis l'avènement de l'automobile - les plaques de cocher furent remplacées par des plaques émaillées avec des écritures plus grosses -, sans parler des vols alimentés par la frénésie des collectionneurs, ont précipité leur disparition.

Pour sauvegarder celles qui ont survécu, un collectif national Patrimoine Routier, basé dans l'Eure, anime un réseau de 300 bénévoles en France afin de les recenser et, plus récemment, de les restaurer pour les restituer aux communes. À Tôtes (Seine-Maritime), entre Rouen et Dieppe), le graphiste Fabien Demeules est un passionné du petit patrimoine. En 2011, il découvre l'histoire des plaques directionnelles par hasard. Devenu un spécialiste, il intègre l'association Henri Bouilliant, puis le collectif Patrimoine Routier.

Entre 50 et 300 euros l'exemplaire

Depuis, raconte-t-il, « j'en recherche sur les sites commerciaux, principalement Le Bon Coin, sur les foires à tout, chez les brocanteurs ou encore par le bouche-à-oreille. Elles se vendent entre 50 et 300 euros selon l'état et l'originalité. Je les enregistre, fais des recherches sur leur histoire ainsi qu'une reprographie à l'échelle sur papier pour nos archives et celles de la commune concernée », détaille Fabien. C'est avec son ami Steven Soulard, un étudiant bénévole installé à Montfort-sur-Risle, dans l'Eure, que s'effectue la restauration « si la commune participe financièrement à la partie technique et aux déplacements ».

« Après, poursuit Fabien Demeules, ils font le choix de la raccrocher ou, comme certaines, de l'exposer dans la mairie ». Comme dernièrement Veules-les-Roses (Seine-Maritime), plusieurs dizaines de villes et villages se sont vu ainsi remettre une partie de leur histoire. Une façon d'aller dans le bon sens.

Site Internet : P laquedecocher.fr